Demandeurs d'asile: Trump prend une décision radicale pour accélérer les expulsions

Washington a supprimé, mardi, l’entretien préalable d’évaluation des demandes d’asile aux États-Unis. Une règle intérimaire de l’USCIS, appliquée sans consultation publique préalable, autorise désormais les agents à transférer directement les demandeurs d’asile devant un tribunal d’immigration.

Un entretien supprimé au profit d’une procédure judiciaire directe

Jusqu’à présent, un migrant invoquant une crainte de persécution bénéficiait d’un entretien avec un officier de l’USCIS (U.S. Citizenship and Immigration Services), chargé d’évaluer la crédibilité de sa demande avant toute décision de renvoi. Cette étape disparaît : les officiers peuvent désormais orienter directement les dossiers vers un juge d’immigration, sans examen préalable de la demande de protection.

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Le Département de la Sécurité intérieure (DHS) justifie ce changement par la nécessité de résorber l’arriéré des dossiers d’asile. Son directeur, Joseph Edlow, a affirmé dans un communiqué que le système actuel « a longtemps été exploité à des fins de retard et d’obtention d’autorisation de travail, plutôt que pour des demandes légitimes de protection ». Selon des estimations, la mesure pourrait concerner plus de 100 000 personnes rien qu’au Texas.

Une extension de l’expulsion accélérée sur tout le territoire

Cette mesure intervient un mois après une victoire judiciaire majeure pour l’administration. Fin juin, la cour d’appel fédérale du circuit de Washington D.C. a autorisé la reprise de l' »expedited removal » (expulsion accélérée) sur l’ensemble du territoire américain, et non plus seulement à proximité de la frontière. Cette procédure permet un renvoi rapide, généralement sans passage devant un juge.

Des avocats en immigration estiment que la nouvelle règle prive effectivement les demandeurs d’asile d’une procédure régulière et augmente leurs chances d’être expulsés. L’un d’eux résume la logique du dispositif ainsi : « plus vite ils vous amènent au tribunal, plus vite ils vous font sortir du pays, plus vite ils vous expulsent ».

Un arriéré judiciaire record

Les tribunaux d’immigration américains comptaient, avant cette réforme, près de 950 000 dossiers en attente, avec un délai moyen de traitement proche de deux ans, selon les données du centre de recherche TRAC de l’université Syracuse. C’est ce blocage chronique que l’administration invoque pour justifier la suppression de l’étape d’entretien. Des recours en justice sont attendus contre cette règle, adoptée sans période de consultation publique, une procédure d’urgence qui pourrait elle-même être contestée devant les tribunaux.

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