Étudiants étrangers : Sorbonne Université dit non à la hausse des frais

Trois mois après l’entrée en vigueur d’un décret national multipliant par seize les frais d’inscription des étudiants non-européens, une université parisienne fait le choix inverse. Le conseil d’administration de Sorbonne Université a voté à l’unanimité, le 7 juillet 2026, l’exonération totale de ces droits différenciés pour l’année 2026-2027, selon un communiqué publié le lendemain par l’établissement.

Un décret national qui fragilise les étudiants extra-communautaires

Le décret ministériel du 19 mai 2026 instaure des droits d’inscription différenciés pour les ressortissants de pays hors Union européenne inscrits en Licence ou en Master. Concrètement, ces étudiants devraient s’acquitter de 2895 euros en Licence et 3941 euros en Master, contre 170 et 243 euros pour les étudiants français et européens. Le texte prévoit une marge de manœuvre : chaque établissement peut exonérer jusqu’à 30 % de ses effectifs extra-communautaires totaux.

D’autres universités ont choisi d’appliquer la hausse. Paris 1 Panthéon-Sorbonne, établissement distinct de Sorbonne Université depuis la scission de l’ancienne Sorbonne, a voté le 1er décembre 2025 la fin de son exonération partielle, invoquant un déficit budgétaire à combler. Seuls les étudiants réfugiés et les ressortissants des 44 pays les moins avancés selon l’ONU y échappent.

Sorbonne Université utilise pleinement sa marge d’exonération

À Sorbonne Université, les nouveaux arrivants extra-communautaires et les étudiants changeant de cycle représentent moins de 30 % des effectifs extra-communautaires totaux. L’établissement peut exonérer l’ensemble des étudiants concernés qui en feront la demande, sans dépasser le plafond fixé par le décret.

Dans son communiqué, l’université justifie cette politique par la volonté de ne pas aggraver la situation financière des étudiants non-européens, déjà touchés par la suppression de l’aide personnalisée au logement pour les non-boursiers. L’établissement affirme rester « fermement engagé à accueillir les étudiants internationaux« , dont la présence contribuerait selon lui à l’attractivité de ses formations et à la recherche.

Un mouvement national aux réponses contrastées

Le contraste entre les deux anciennes composantes de la Sorbonne illustre l’ampleur des marges d’interprétation laissées par le décret aux conseils d’administration. France Universités évalue à environ 230 millions d’euros les charges supplémentaires pesant sur les établissements en 2026, notamment liées au financement non compensé de la protection sociale complémentaire des agents publics. Chaque université arbitre désormais seule entre équilibre budgétaire et accessibilité pour les étudiants étrangers.

L’exonération votée par Sorbonne Université s’applique uniquement à l’année universitaire 2026-2027. Les étudiants concernés devront déposer une nouvelle demande pour toute année suivante, l’établissement n’ayant pas annoncé de politique pluriannuelle à ce stade.

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