Maghreb : Tebboune fixe sa ligne rouge pour protéger la Tunisie

Abdelmadjid Tebboune a averti, le 27 juillet 2026, que toute force recourant au terrorisme contre la Tunisie subirait une riposte algérienne. Le président algérien s’exprimait lors de son entretien périodique avec la presse nationale, diffusé le soir même sur les médias audiovisuels publics.

Une mise en garde sans destinataire nommé

« Celui qui ramènera le terrorisme aux frontières de la Tunisie […] nous lui ferons comprendre à qui il a affaire », a déclaré le chef de l’État algérien, cité par la présidence de la République. Tebboune n’a désigné aucun acteur précis, ni parti politique tunisien, ni personnalité, ni composante de l’opposition. Il a présenté la sécurité tunisienne comme indissociable de celle de son propre pays, une position qu’il défend depuis plusieurs mois déjà : un accord de coopération militaire avait déjà été signé entre les deux pays le 7 octobre 2025 à Alger, portant sur l’entraînement conjoint et l’échange de renseignements face aux menaces transfrontalières.

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Une posture ancienne réaffirmée

Le discours de Tebboune prolonge une ligne tenue depuis plusieurs années. Depuis l’accession de Kaïs Saïed au pouvoir en 2021, les visites bilatérales et accords de coopération entre Alger et Tunis se sont multipliés. En janvier 2026 déjà, le président algérien avait averti que « la Tunisie n’est pas une cible facile », dans un climat de controverse autour de l’accord militaire d’octobre 2025, certains observateurs estimant qu’il contredisait la Constitution algérienne, laquelle impose l’approbation du Parlement pour toute intervention militaire à l’étranger.

Cette sortie survient dans un climat social tendu du côté tunisien. Le 25 juillet, jour de la fête de la République, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue à Tunis pour exiger le départ de Saïed, cinq ans après son coup de force constitutionnel. La colère visait des restrictions d’accès à l’eau et à l’électricité imposées en pleine vague de chaleur, ravivant un mot d’ordre né lors du soulèvement de 2011. Saïed, pour sa part, est resté silencieux : aucune allocution officielle n’a marqué cette date symbolique.

Pour Alger, la stabilité tunisienne représente un enjeu stratégique renforcé par les crises régionales : guerre civile en Libye, instabilité au Sahel, réseaux de trafic transfrontaliers. Une déstabilisation prolongée de son voisin oriental exposerait directement les frontières algériennes à ces mêmes menaces.

Un enjeu qui dépasse le Maghreb

La Tunisie constitue également un point de passage clé pour les flux migratoires vers l’Europe. Un accord de partenariat migratoire avec l‘Union européenne fait de la stabilité du pays un sujet suivi de près par Bruxelles, bien qu’aucune réaction officielle européenne n’ait suivi la déclaration de Tebboune. Paris, de son côté, observe également l’évolution de la situation tunisienne sans commentaire public à ce stade.

L’Algérie a par ailleurs connu, ces derniers jours, 63 incendies de forêt, dont trois foyers restaient actifs au moment de l’entretien présidentiel, un sujet également abordé par Tebboune lors de cette même intervention médiatique.

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