Une plainte pénale vise déjà à faire taire une polémique née au lendemain de l’élimination des Lions. La Fédération sénégalaise de football (FSF) a saisi, ce vendredi 3 juillet, le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, pour dénoncer un article accusant plusieurs de ses dirigeants de comportements jugés incompatibles avec leurs fonctions durant le séjour de la délégation aux États-Unis.
Un article accusateur au cœur de la procédure
La publication visée, intitulée « Mondial des fédéraux aux USA : soirées de gala, bouteilles d’alcool millésimées, présence de “galante compagnie” au menu », a circulé massivement sur les réseaux sociaux après l’élimination du Sénégal face à la Belgique en seizièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le texte évoquerait, selon plusieurs relais sénégalais dont Pulse.sn, l’organisation de soirées fastueuses par des cadres fédéraux dès les premiers jours du séjour américain, ainsi que l’intégration de proches et de créateurs de contenu à la délégation officielle, une situation qui aurait surpris les joueurs eux-mêmes. Le personnel de l’hôtel accueillant la sélection se serait plaint du comportement de certains membres de l’encadrement. La FSF conteste catégoriquement la matérialité de ces faits. L’institution qualifie l’article de campagne de désinformation destinée à « jeter le discrédit sur l’institution ».
Plainte déposée par le président Abdoulaye Fall
Agissant par l’intermédiaire de son président, Abdoulaye Fall, et de son conseil, Mohamed Seydou Diagne, avocat à la Cour, la Fédération a formellement déposé sa plainte auprès du Procureur de Dakar. Les infractions invoquées reposent sur les articles 255, 258, 260 et 262 du Code pénal sénégalais, ainsi que sur les dispositions du Code de la presse : diffamation et diffusion de fausses nouvelles. La FSF affirme avoir transmis au Parquet l’ensemble des pièces jugées nécessaires à l’ouverture d’une enquête préliminaire visant à identifier les auteurs et éventuels complices de la publication.
L’institution dit vouloir protéger sa réputation auprès de la FIFA, de la Confédération africaine de football (CAF), de ses partenaires économiques et de ses sponsors, qu’elle estime directement affectés par la controverse. Elle affirme respecter la liberté de la presse, tout en rappelant que l’exercice du journalisme suppose une vérification rigoureuse des faits avant publication.
Tensions internes déjà documentées
La polémique intervient alors que plusieurs médias sénégalais, dont Dakarmatin, avaient déjà rapporté des tensions internes à la FSF pendant le Mondial, notamment autour du contrat du sélectionneur Pape Thiaw, signé dans l’urgence quelques heures avant un match décisif. Le Code de la presse sénégalais, sur lequel s’appuie la plainte, prévoit des peines pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement pour les délits de diffamation aggravée visant des institutions publiques.
La FSF indique s’en remettre désormais à la justice sénégalaise pour clarifier les faits et restaurer, selon ses termes, l’honneur de ses dirigeants bénévoles et professionnels. L’enquête préliminaire annoncée par le Parquet de Dakar doit déterminer l’origine de la publication incriminée et statuer sur une éventuelle mise en cause pénale de ses auteurs.



