Industrialisation du Bénin : Bertin Koovi appelle à « oublier les sciences littéraires » à l'école

Bertin Koovi a plaidé pour une réforme radicale des programmes scolaires béninois, le 27 juillet, sur le plateau de TVC Bénin. Invité de l’émission consacrée à l’industrialisation africaine, l’économiste fondamentaliste a défendu un curriculum réduit à quatre matières : le français, les mathématiques, la physique et la chimie.

Un curriculum resserré autour des sciences dures

Selon lui, « il faut oublier les sciences littéraires » pour donner à l’industrialisation ses chances de réussir. L’économiste justifie sa position par un constat : produire des ingénieurs suppose d’écarter tôt les élèves des filières linguistiques, jugées secondaires face aux besoins de l’appareil industriel naissant. Le français resterait la seule discipline littéraire tolérée, uniquement pour « bien s’entendre entre soi ».

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Bertin Koovi appuie son propos sur son propre parcours. Formé en comptabilité dans une filière alors qualifiée de « technique », il affirme avoir découvert, des années plus tard, qu’elle ne l’était pas véritablement. Pour lui, la véritable technique se loge dans les mathématiques — mécanique comprise — et dans la physique, dont découle l’électricité.

Un héritage salué, un successeur interpellé

L’économiste rattache son propos aux réformes engagées sous la présidence de Patrice Talon, qui a porté la part de la formation technique et professionnelle à 70 % de l’offre éducative, contre 30 % pour l’enseignement général. Il félicite l’ancien chef de l’État pour cette orientation, tout en posant une réserve : former des électriciens ou des installateurs de machines ne suffit pas, selon lui, à qualifier un pays d’industrialisé. Ce serait, à ses yeux, « un début de volonté d’aller vers l’industrialisation », sans en constituer l’aboutissement.

Bertin Koovi interpelle directement le président Romuald Wadagni, présenté par lui comme un collaborateur resté proche de l’ancien président et témoin direct de la construction de la Zone industrielle de Glo-Djigbé. Il estime toutefois qu’un chef de l’État ne peut maîtriser seul l’ensemble des dossiers techniques, d’où l’intérêt, selon lui, de multiplier les avis d’experts.

Il pointe un décalage entre la formation théorique dispensée dans les écoles polytechniques africaines et la capacité des ingénieurs à l’appliquer concrètement. Sans pièces de rechange ni maîtrise locale de la maintenance, les équipements industriels installés au Bénin resteraient, selon lui, dépendants de fournisseurs étrangers en cas de panne.

Une dynamique de croissance portée par l’industrie

Ces déclarations interviennent alors que le Bénin affiche des taux de croissance parmi les plus élevés de la sous-région, autour de 6,8 % à 7,5 % pour 2026 selon les projections de la Banque africaine de développement et du cabinet CADRECO, portés en partie par l’expansion industrielle. La Zone industrielle de Glo-Djigbé, pilier de cette stratégie, a été distinguée en mars 2026 « Local Content Champion of the Year » lors d’un sommet régional tenu à Lagos, récompensant l’intégration progressive d’entreprises béninoises dans ses chaînes de production.

Interrogé sur l’état des compétences disponibles, Bertin Koovi conclut sur une note d’espoir mesuré. « Nous avons de très bons génies en Afrique qu’on n’utilise pas », affirme-t-il, avant d’ajouter que ces ingénieurs « meurent étouffés par leur connaissance théorique qu’ils n’arrivent pas à appliquer ». La sortie de Bertin Koovi relance un débat de fond : sans refonte des programmes scolaires, l’industrialisation resterait, selon lui, un objectif sans les bâtisseurs pour le porter.

1 réflexion au sujet de “Industrialisation du Bénin : Bertin Koovi appelle à « oublier les sciences littéraires » à l'école”

  1. Je salut la pertinence de ses idées. je pense qu’on doit l’écouter pour cette fois-ci pour de vrai. Merci à lui pour la remarque

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