Une nouvelle opération de désinformation a visé la Présidence du Faso. Mardi, les autorités burkinabè ont officiellement démenti un document circulant sur les réseaux sociaux, présenté comme une circulaire présidentielle demandant aux agents de l’État de faire revenir leurs familles vivant en France. Dans un communiqué, la Présidence a dénoncé un faux document et annoncé d’éventuelles poursuites judiciaires contre ses auteurs.
Le document attribué à la Présidence du Faso invitait prétendument les agents de l’administration publique à organiser le retour de leurs proches installés en France, notamment lorsqu’ils y résident pour des études, des soins médicaux ou un séjour touristique. Rapidement relayé sur les réseaux sociaux, le texte a suscité de nombreuses réactions avant d’être formellement rejeté par les services de communication de la Présidence.
Selon le communiqué officiel, cette circulaire n’émane d’aucune autorité de l’État. La Direction de la communication affirme qu’il s’agit d’une fabrication destinée à induire l’opinion publique en erreur. « Totalement faux », précise le communiqué, qui accuse les auteurs de chercher à créer un climat d’inquiétude au sein de la population.
La Présidence annonce des poursuites judiciaires
Face à la diffusion de ce document, la Présidence du Faso indique ne reconnaître aucune valeur officielle à son contenu. Elle précise également décliner toute responsabilité quant aux conséquences pouvant découler de sa circulation.
Les autorités annoncent se réserver le droit d’engager des procédures judiciaires contre les personnes impliquées dans la conception, la diffusion ou le commandement de cette opération de désinformation. Aucun nom ni aucune interpellation n’ont toutefois été communiqués à ce stade.
Ces dernières années, les autorités burkinabè ont multiplié les mises en garde contre la propagation de faux communiqués et de documents falsifiés utilisant les logos ou les en-têtes d’institutions publiques. À plusieurs reprises, des démentis officiels ont été publiés pour inviter les citoyens à vérifier les informations uniquement auprès des canaux institutionnels.
Une affaire après la rupture avec la France
Cette affaire intervient quelques jours après une décision diplomatique majeure prise par le Burkina Faso. Le 26 juin 2026, les autorités burkinabè ont annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec la France, accusant Paris d’ingérence dans les affaires internes du pays et d’atteinte à sa souveraineté.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la dégradation des relations entre les deux États. Si la fausse circulaire ne fait l’objet d’aucun lien officiel avec cette rupture diplomatique, sa diffusion intervient dans un climat de fortes tensions entre Ouagadougou et Paris, alimentant de nombreuses spéculations sur les réseaux sociaux.
Les autorités burkinabè n’ont fourni aucun élément laissant penser que le faux document provenait d’un groupe ou d’un État en particulier. Leur communication s’est limitée à dénoncer une tentative de manipulation de l’opinion et à annoncer une réponse judiciaire.
L’affaire devrait désormais être suivie sur le terrain judiciaire. Les autorités n’ont pas précisé le calendrier d’éventuelles poursuites, mais la Présidence affirme que les auteurs, coauteurs et commanditaires de cette fausse circulaire s’exposent à des actions devant les juridictions compétentes.
