Le Nigeria, le Bénin et le Cameroun ont décidé de coordonner leurs réformes douanières afin de fluidifier les échanges sur deux des principaux corridors commerciaux d’Afrique de l’Ouest et centrale. Les responsables des administrations douanières des trois pays ont conclu leur mission conjointe par la création d’un Comité directeur stratégique chargé de suivre la modernisation des postes-frontières et la mise en œuvre des mesures adoptées.
Selon des sources concordantes, cette initiative est portée par le directeur général des douanes nigérianes, Adewale Adeniyi, son homologue camerounais Fongod Edwin Nuvaga et le directeur général des douanes béninoises Raouf Aboudou. Les travaux concernent les corridors Seme-Krake, entre le Nigeria et le Bénin, ainsi que Mfum-Ekok, reliant le Nigeria au Cameroun, deux axes essentiels pour les échanges régionaux.
Une coopération axée sur la fluidité des échanges
Avant de formaliser leur partenariat, les trois délégations ont effectué une mission d’étude au poste-frontière de Beitbridge, entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, souvent présenté comme une référence en matière de gestion des frontières africaines. Les responsables y ont observé le fonctionnement des scanners de marchandises, l’organisation des flux de camions et les systèmes numériques utilisés pour le partage des informations douanières.
En outre, ces observations doivent servir à moderniser les infrastructures frontalières des trois pays afin de réduire les délais de passage et de simplifier les procédures administratives. Le nouveau comité stratégique aura pour mission de coordonner ces réformes et d’en assurer le suivi. Les autorités souhaitent ainsi favoriser une circulation plus rapide des marchandises tout en renforçant le contrôle des frontières.
Lors de cette mission, les responsables ont insisté sur la nécessité de développer des procédures communes. L’objectif est, selon leurs déclarations rapportées par le média nigérian, de « faciliter le commerce » tout en améliorant la coopération entre les différentes administrations.
Des liens économiques déjà étroits
Cette coopération s’appuie sur des relations anciennes entre les trois États. Le Nigeria demeure le premier partenaire commercial du Bénin. Une grande partie des marchandises transitant par le port de Cotonou est destinée au marché nigérian, tandis que les deux pays partagent plus de 800 kilomètres de frontière.
Le Cameroun entretient également des échanges soutenus avec le Nigeria grâce au corridor reliant Mfum à Ekok, passage stratégique pour le commerce entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Les trois pays collaborent aussi depuis plusieurs années dans la lutte contre les trafics transfrontaliers et contre le groupe armé Boko Haram, en particulier dans le cadre de la Force multinationale mixte.
L’intégration régionale en ligne de mire
Au-delà de la sécurité, les administrations douanières souhaitent désormais faire des frontières un levier de développement économique. Les participants estiment que la modernisation des infrastructures et la numérisation des procédures devraient réduire les coûts logistiques supportés par les entreprises.
Cette initiative intervient alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) poursuit son déploiement. Lancée officiellement en 2021, elle rassemble 54 pays signataires et ambitionne de créer le plus vaste marché de libre-échange au monde en nombre d’États participants. Pour atteindre cet objectif, la fluidité des corridors commerciaux et l’harmonisation des procédures douanières figurent parmi les priorités affichées par les gouvernements africains.
Les autorités des trois pays espèrent que cette coopération permettra d’accélérer les échanges régionaux et de renforcer la compétitivité des entreprises opérant entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Comme l’ont résumé les responsables des douanes, il s’agit de « connecter les frontières » afin d’accompagner la croissance du commerce régional.



