Neuf mille deux cent quarante hectares de béton, d’acier et de fibre optique viennent de changer la hiérarchie mondiale des sièges militaires. Le président Abdel Fattah al-Sissi a inauguré samedi 4 juillet 2026 le nouveau quartier général des forces armées égyptiennes, baptisé l’Octogone, dans la Nouvelle Capitale Administrative, à l’est du Caire. Selon le Service d’Information de l’État égyptien (SIS), ce complexe devient le plus grand centre de commandement et de contrôle militaire au monde, dépassant en surface bâtie le Pentagone américain.
Un complexe pensé comme un système nerveux central
Le site s’étend sur environ 9 240 hectares, pour plus de 4,6 millions de mètres carrés de surface construite. Le SIS présente l’ouvrage non pas comme un simple bâtiment administratif, mais comme le « cerveau stratégique de l’État », chargé de centraliser en un lieu unique la surveillance de la sécurité nationale, la gestion de crise et la coordination entre les différentes institutions souveraines du pays. Treize zones stratégiques et logistiques distinctes composent l’ensemble, chacune dédiée à une fonction propre : centre de données souverain, cellule de cyberdéfense, salle de gestion des urgences nationales et système d’analyse par intelligence artificielle destiné à appuyer la prise de décision en temps réel.
Le nom du site provient de sa configuration architecturale : huit bâtiments octogonaux périphériques encerclent deux structures centrales, le tout relié par des corridors. D’après la présidence égyptienne, cette géométrie s’inspire à la fois de la Grande Pyramide de Guiza et de l’étoile à huit branches, motif récurrent de l’architecture islamique associé à l’ordre et à l’équilibre.
Une comparaison de taille qui s’impose d’elle-même
Rapportée aux standards internationaux, la surface bâtie de l’Octogone dépasse largement celle du Pentagone, siège du Département de la Défense des États-Unis à Arlington, en Virginie, qui totalise environ 604 000 mètres carrés de plancher pour 23 000 à 30 000 employés, sur un terrain de près de 12 hectares. L’édifice américain, achevé en 1943 pour un coût de 83 millions de dollars de l’époque, reste un bâtiment unique de cinq étages relié par plus de 28 kilomètres de couloirs, quand l’Octogone forme un ensemble multi-bâtiments intégré à une zone administrative plus vaste, comprenant selon le SIS des lieux de culte, des écoles et des infrastructures civiles annexes.
Une cérémonie officielle de grande ampleur
La cérémonie d’inauguration, retransmise par la présidence égyptienne, a rassemblé la première dame Entissar al-Sissi, le Premier ministre Moustafa Madbouly ainsi que les commandants des principales branches des forces armées. Le président a signé la charte officielle du site avant de hisser le drapeau national, accompagné d’une salve de 21 coups de canon et d’un défilé aérien d’hélicoptères Apache.
Le projet a fait l’objet d’un suivi régulier du chef de l’État égyptien depuis la pose de la première pierre, avec une dernière visite d’inspection en juin 2026, selon la présidence. Ce chantier fait partie du plan de transfert des institutions souveraines égyptiennes vers la Nouvelle Capitale Administrative, un projet urbain à l’est du Caire destiné à désengorger la capitale historique. Le ministre de la Défense et de la Production militaire, le lieutenant-général Achraf Salem Zahir, doit désormais superviser l’installation opérationnelle des différentes branches des forces armées sur le site.
