Le déblocage des garnisons militaires du nord malien et la reprise des contacts diplomatiques avec Alger constituent, selon Moscou, deux signaux favorables pour le Mali. C’est l’analyse livrée par Anatoli Bachkine, directeur du département des États d’Afrique subsaharienne au ministère russe des Affaires étrangères, dans des déclarations relayées par l’agence TASS ce 20 juillet.
Anéfis, symbole du redressement militaire
Bachkine situe le premier motif de satisfaction sur le plan sécuritaire. Il attribue aux opérations conjointes du Corps africain et des FAMa le fait d’avoir « débloqué les garnisons militaires à Anéfis » et dans plusieurs autres localités du nord du pays. Cette ville avait été prise pour cible début juillet par une coalition regroupant le JNIM et le FLA, dirigée par Iyad Ag Ghali et Alghabass Ag Intalla, qui espérait faire tomber la garnison locale. Un convoi de secours mêlant soldats maliens, unités russes et combattants du GATIA et du MSA avait alors quitté Gao pour rallier Anéfis, essuyant plusieurs embuscades avant d’atteindre la localité assiégée. À la mi-juillet, l’état-major malien avait annoncé la reprise complète de la zone, présentée depuis comme l’une des opérations antiterroristes les plus marquantes dans le nord du pays. Le responsable russe relie ce succès militaire à une dynamique plus large de stabilisation régionale.
Le dialogue retrouvé entre Bamako et Alger, second motif de satisfaction
Le second facteur cité par Bachkine concerne la relation entre Bamako et Alger. Il évoque « une certaine amélioration des relations entre l’Algérie et le Mali ». Cette normalisation intervient après une rupture ouverte début avril 2025, déclenchée par la destruction d’un drone militaire malien près de la frontière commune, un épisode qui avait entraîné le rappel simultané des deux diplomates ainsi que la fermeture réciproque des espaces aériens. Ce contentieux prolongeait des tensions plus anciennes : dès 2015, un accord de paix parrainé par Alger avait déjà tenté, sans plein succès, d’organiser une sortie de crise entre Bamako et les mouvements armés du nord malien.
Un processus de négociation évoqué sur le statut des Touaregs
En articulant ces deux évolutions, Bachkine avance l’hypothèse d’un « processus de négociation » susceptible de déboucher sur des « décisions de compromis sur le statut des Touaregs », tout en maintenant l’intégrité territoriale du Mali. Il qualifie la période actuelle de « plutôt positive et encourageante » pour l’évolution générale de la situation dans le pays. Le ministère russe des Affaires étrangères n’a précisé ni calendrier ni cadre institutionnel pour la suite de ce dialogue.

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