L'Ukraine alerte sur un projet russe d'offensive terrestre vers la capitale

Des préparatifs militaires russes viseraient directement Kiev et Tchernihiv, selon des renseignements ukrainiens rendus publics ce 29 août. D’après ces informations, les chefs militaires russes auraient reçu l’ordre de leur hiérarchie politique de planifier de nouvelles attaques terrestres contre les deux villes, rapporte Politico.

Un renseignement encore sans confirmation sur le terrain

Pavlo Palisa, chef adjoint du bureau présidentiel ukrainien, a précisé aux journalistes qu’aucune preuve d’un rassemblement de troupes russes n’avait pour l’instant été constatée. Selon lui, la priorité de Kiev consiste désormais à empêcher la création de conditions permettant à la Russie de lancer ce type d’actions offensives. Ces informations, qualifiées de vérifiées par les services ukrainiens, interviennent alors que Moscou multiplie en parallèle les frappes de drones contre plusieurs villes du pays.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Un scénario déjà tenté en 2022

Cette annonce ravive le souvenir de la première phase de la guerre. Le 24 février 2022, l’armée russe avait engagé un assaut aéroporté sur l’aéroport d’Hostomel, aux portes de la capitale ukrainienne, avec l’objectif de renverser rapidement le pouvoir en place. Environ 150 000 soldats russes avaient alors été déployés sur l’ensemble du territoire ukrainien. Cette offensive s’était soldée par un échec militaire, contraignant les forces russes à se retirer de la région de Kiev fin mars et début avril 2022 pour concentrer leurs efforts sur l’est et le sud du pays. Tchernihiv, ville frontalière située à une centaine de kilomètres de la frontière biélorusse, avait elle aussi été assiégée durant cette période sans jamais tomber.

Une guerre entrée dans sa cinquième année

Plus de quatre ans après le déclenchement du conflit, le front séparant les deux armées s’étend désormais sur environ 1 200 kilomètres, marqué par des mouvements de terrain limités de part et d’autre. Mi-août 2026, une nuit de frappes croisées d’une rare intensité a fait au moins 19 morts en Russie et en Ukraine : Moscou a subi l’une de ses attaques de drones les plus massives depuis le début de la guerre, avec environ 600 appareils ukrainiens visant la capitale russe, tandis qu’un marché du livre a été détruit à Kiev sous les tirs adverses. Face à l’intensification des frappes de missiles balistiques russes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé aux États-Unis de lui céder au moins 5 % de leur stock de missiles intercepteurs Patriot.

Sur le plan diplomatique, plusieurs cycles de négociations se sont tenus depuis 2025 à Istanbul, Abou Dhabi puis Genève, sous médiation américaine, sans qu’un accord de paix durable n’ait pu être trouvé. C’est dans ce cadre de pourparlers toujours dans l’impasse et de bombardements qui continuent de s’intensifier que les renseignements ukrainiens font désormais état d’un risque renouvelé pesant sur la capitale, quatre ans après la première tentative russe de s’en emparer.

Laisser un commentaire