Menacé d'assassinat, Mojtaba Khamenei s'absente des funérailles d'Ali Khamenei

Un guide suprême absent des rites funéraires de son propre père : la rupture avec la tradition iranienne est totale. Mojtaba Khamenei, désigné à la tête de la République islamique après la mort d’Ali Khamenei, n’a assisté à aucune des cérémonies organisées depuis le 4 juillet à Téhéran en hommage à son père, tué le 28 février lors de frappes israélo-américaines. Sa demande de se rendre à l’inhumation prévue le 9 juillet à Machhad aurait été refusée par les Gardiens de la révolution islamique, selon le New York Times.

Une demande d’inhumation rejetée pour raisons sécuritaires

D’après le quotidien américain, cité par le Times of Israel, Mojtaba Khamenei aurait sollicité l’autorisation de se rendre à Machhad pour y accomplir lui-même les rites funéraires réservés au successeur désigné. Deux responsables des Gardiens de la révolution, s’exprimant sous couvert d’anonymat, auraient opposé un refus, redoutant qu’un déplacement du nouveau guide suprême ne l’expose à une frappe ciblée israélienne. Mojtaba Khamenei avait lui-même été blessé dans l’attaque du 28 février qui a coûté la vie à son père, à son épouse et à un fils, selon des informations rapportées antérieurement par plusieurs médias.

Le dirigeant de 57 ans n’est apparu en public à aucun moment depuis sa nomination par l’Assemblée des experts le 8 mars, et aucun enregistrement audio ou vidéo de lui n’a été diffusé depuis. Cette absence prolongée alimente des interrogations sur son état de santé, que les autorités iraniennes n’ont pas levées.

Trois frères présents, un absent remarqué

Lors de la grande prière organisée dimanche à la mosalla de Téhéran, en présence de plusieurs millions de fidèles selon les autorités iraniennes, trois des fils d’Ali Khamenei — Massoud, Meysam et Mostafa — se trouvaient au premier rang. La cérémonie, d’une dizaine de minutes, a été dirigée par l’ayatollah Ja’far Sobhani, âgé de 97 ans, enseignant dans la ville sainte de Qom, et non par Mojtaba lui-même, alors que la coutume veut que le successeur préside la prière funéraire de son prédécesseur.

Le service RFE/RL relève que cette absence intervient malgré la présence quasi unanime des hauts responsables de la République islamique aux cérémonies, ce qui suggérerait que le dispositif de sécurité déployé aurait suffisamment rassuré les autorités pour les hauts gradés, sans lever les réticences concernant le nouveau guide suprême. Un pic de tension régional accompagne ces funérailles : l’organisme britannique de surveillance maritime UKMTO a signalé le 5 juillet une attaque visant un navire marchand au large du Yémen, à environ 30 milles nautiques du port d’Al-Hodeïda.

Un cortège funéraire de six jours entre l’Iran et l’Irak

Les obsèques nationales d’Ali Khamenei, entamées le 4 juillet à Téhéran, doivent se poursuivre pendant six jours à travers cinq villes d’Iran et d’Irak, avant l’inhumation prévue jeudi à Machhad, ville natale du défunt guide suprême. Le gouvernement iranien a décrété le 5 juillet jour férié national et mis en place des mesures exceptionnelles : gratuité des transports publics, restrictions de circulation automobile et déploiement renforcé des forces de sécurité, dans l’attente de plusieurs millions de participants sur l’ensemble du parcours funéraire.

Ces cérémonies se déroulent pendant une trêve d’une semaine conclue avec les États-Unis, actuellement en pourparlers avec Téhéran à Doha, afin de permettre leur tenue sans incident. La question de savoir si Mojtaba Khamenei apparaîtra publiquement d’ici la clôture des funérailles à Machhad reste, à ce stade, sans réponse officielle de Téhéran.

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