Mondial 2026 : la sortie ambiguë d'Infantino sur l'Argentine relance les critiques sur sa neutralité

Un « abrazo » pour l’Argentine, une mention tardive de la neutralité : la formule choisie par Gianni Infantino au lendemain de la qualification arrachée par l’Argentine face au Cap-Vert ravive un débat que le président de la FIFAtraîne depuis plusieurs mois. L’instance mondiale du football, censée observer une stricte impartialité entre ses 211 fédérations membres, se retrouve une nouvelle fois questionnée sur l’attitude de son dirigeant envers l’une des favorites du tournoi.

Une déclaration qui prête à confusion

Interrogé par DSPORTS, média argentin, après la victoire 3-2 de l’Argentine face au Cap-Vert en huitièmes de finale, obtenue après prolongation, Infantino a livré une réaction remarquée : « Une accolade à toute l’Argentine et félicitations, parce que le cœur ce soir… même les neutres que nous étions, nous étions avec les deux… c’était spectaculaire. »

Cette phrase, hachée et peu structurée, s’ouvre sur un message de soutien explicite à l’Argentine avant de se corriger en évoquant une neutralité partagée entre les deux équipes. Cette construction en deux temps a fait réagir une partie des observateurs, qui y voient un réflexe révélateur plutôt qu’une simple maladresse de langage.

Ce match restera comme l’un des plus disputés de ce tour pour les tenants du titre. Menés à deux reprises par une équipe capverdienne débutante à ce niveau de la compétition, les hommes de Lionel Scaloni n’ont validé leur billet pour les huitièmes qu’à la 111e minute, sur une tête de Cristian Romero.

Une neutralité déjà contestée

Cette sortie s’ajoute à une série d’épisodes qui interrogent depuis plusieurs mois l’impartialité de Infantino. Le président de la FIFA a notamment été critiqué pour la création d’un « prix de la paix » décerné à Donald Trump, décision que la présidente de la fédération norvégienne, Lise Klaveness, a qualifiée de contraire aux statuts de neutralité politique de l’organisation. Une cinquantaine de parlementaires européens ont par ailleurs demandé à la commission d’éthique de la FIFA d’enquêter sur les conditions dans lesquelles cette distinction avait été attribuée.

Le dirigeant suisse-italien avait également suscité la polémique en portant une casquette à l’effigie de Trump lors d’une réunion officielle, geste ayant donné lieu à une enquête du Comité international olympique, dont il est membre, avant d’être blanchi.

Une communication sous surveillance

Aucune sanction ni réaction officielle de la FIFA n’a pour l’instant été annoncée concernant les propos tenus à DSPORTS. Il n’est pas établi que cette déclaration constitue, à elle seule, une infraction au code d’éthique de l’organisation, qui impose à son président de rester politiquement neutre.

Reste que la répétition de ce type de sorties, dans un contexte où l’Argentine défend son titre de champion du monde, nourrit une défiance croissante à l’égard de la communication du président de la FIFA, que la formule ait été, cette fois, davantage maladroite que délibérée.

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