Depuis 2022, la Côte d’Ivoire prépare de nouveaux levés géophysiques et cartographies géologiques avec l’appui du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Les propositions techniques et financières ont été finalisées en 2024, selon la Direction générale des Mines et de la Géologie ivoirienne.
Un rattrapage sur les données géologiques
Le pays cherche à actualiser des informations jugées insuffisantes face à l’afflux d’investisseurs miniers, en particulier dans l’or. À l’échelle du continent, seulement 10 % des dépenses mondiales d’exploration sont réalisées, laissant l’essentiel du potentiel géologique africain mal documenté.
Cette lacune se traduit par un rapport de force déséquilibré entre États et compagnies. Faute de données publiques suffisantes, les administrations minières africaines dépendent souvent des informations produites par les investisseurs eux-mêmes lors de leurs propres campagnes d’exploration — une situation qui limite leur capacité de négociation sur la répartition de la valeur créée par les projets.
Un déficit partagé par plusieurs pays africains
La situation ivoirienne fait écho à des difficultés similaires ailleurs sur le continent. En Guinée, la Direction nationale de la géologie a organisé en décembre 2025 à Conakry des journées de réflexion sur ce sujet, pointant l’absence d’un système d’information géologique centralisé et moderne, malgré un héritage cartographique remontant à la période coloniale.
En République démocratique du Congo, la question a pris une tournure différente : le 9 juin 2026 à Bruxelles, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est accordé avec les parties belge et européenne sur une feuille de route pour numériser et restituer progressivement des archives géologiques coloniales conservées à l’AfricaMuseum de Tervuren — environ 500 mètres de rayonnages de cartes, relevés et rapports accumulés depuis plus d’un siècle.
Une dynamique d’investissement en forte hausse
Les investissements miniers en Côte d’Ivoire sont passés de 300 millions de dollars en 2011 à plus de 1,7 milliard de dollars en 2023. Le pays compte aujourd’hui 19 mines en production — 13 d’or, quatre de manganèse, une de bauxite et une de nickel — et a été classé par le Fraser Institute meilleure juridiction minière d’Afrique de l’Ouest pour 2022, 2023 et 2024.
Un potentiel géologique encore largement inexploré
Le sous-sol ivoirien concentre environ 35 % des roches birimiennes d’Afrique de l’Ouest, une formation géologique particulièrement riche en or, ainsi que 18,6 % des formations archéennes contenant des métaux de base. Des indices de lithium, cobalt, coltan, cuivre, chrome et diamant y ont également été identifiés, selon les données présentées par la Direction générale des Mines et de la Géologie lors du Mining Indaba 2026, à Cape Town.
Le Sénégal a engagé une démarche comparable : Dakar a renforcé les moyens de son Service géologique national afin de réduire sa dépendance aux données produites par des acteurs étrangers, un choix présenté comme un levier de souveraineté économique face aux compagnies minières internationales.




Mieux connaître, pour plus brader.