Une enquête a été ouverte sur des opérations de déguerpissement menées hors du cadre légal à Koumassi. Le président Alassane Ouattara l’a annoncé jeudi soir dans son message annuel à la Nation, à la veille du 66e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.
Des responsabilités « établies »
Le chef de l’État a visé des opérations de démolition conduites en dehors des procédures prévues par la loi. « Toutes les responsabilités seront établies et elles donneront lieu aux sanctions prévues par la loi« , a-t-il affirmé. Il a ajouté que dans le pays qu’il entend construire, personne ne peut agir au nom de l’État sans en répondre.
L’affaire remonte à juin 2026, lorsque la démolition d’un campement situé dans la commune de Koumassi avait suscité une controverse. Un habitant s’était présenté comme propriétaire du terrain, invoquant une autorisation de remblayage obtenue en 2016 pour plus de 30 hectares. Le parquet d’Abidjan avait ouvert une enquête une dizaine de jours après les faits. D’autres communes du district, dont Yopougon et Port-Bouët, ont connu des opérations similaires ces dernières années, régulièrement contestées par des habitants dénonçant l’absence de concertation.
Un cadre marqué par les inondations
Le président a aussi évoqué les pluies exceptionnelles qui ont frappé le pays ces derniers mois, à l’origine de pertes en vies humaines et de dégâts matériels. Il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et sa compassion aux sinistrés. Selon lui, le gouvernement doit accélérer les investissements dans le drainage et l’assainissement, renforcer la prévention et poursuivre les programmes de logements sociaux. Les opérations de libération des zones à risque se poursuivront, a-t-il précisé, mais dans le respect du droit.
Grâce présidentielle pour 4 661 détenus
Ouattara a par ailleurs signé deux décrets à caractère judiciaire : une grâce présidentielle pour 2 064 détenus et une remise de peine pour 2 597 autres, dont le reliquat de peine est inférieur à 36 mois. Au total, 4 661 personnes condamnées pour des infractions mineures doivent recouvrer la liberté dans les prochains jours.
Cette mesure s’inscrit dans une tradition du 6 août : l’an dernier, pour le 65e anniversaire, le chef de l’État avait gracié 8 533 détenus de droit commun. En 2022, la grâce avait notamment concerné l’ancien président Laurent Gbagbo.
Une fête nationale délocalisée à Yopougon
Pour la première fois depuis 1960, la cérémonie officielle du 7 août se tiendra dans une commune du district autonome d’Abidjan. Après Bouaké l’an dernier, Yopougon accueille cette année le défilé national, mobilisant plus de 5 400 éléments des forces de sécurité. Des délégations étrangères, dont celles de l’Inde, du Gabon, du Bénin et de la Guinée, sont attendues sur place.
Ce choix relance la politique des fêtes tournantes instaurée par le président Félix Houphouët-Boigny dès 1964, quatre ans après l’indépendance, lorsque la célébration avait quitté Abidjan pour Bouaké la première fois.
