Nice : une femme meurt après une injection d'anesthésiant avant une séance de botox non autorisée

Une cliente de 25 ans est décédée lundi 27 juillet 2026, en début d’après-midi, dans un institut de beauté de Nice, après avoir reçu une injection de lidocaïne. Selon un communiqué du procureur de la République, Damien Martinelli, la jeune femme s’était rendue dans l’établissement pour une séance de botox visant à gonfler ses fessiers.

Le produit anesthésiant, injecté en amont du geste principal, a provoqué un malaise immédiat. La personne à l’origine de la piqûre a tenté une réanimation avant l’arrivée des secours, sans parvenir à sauver la victime, décédée sur place dans le quartier Saint-Augustin.

Un salon déclaré pour d’autres prestations

L’institut, situé rue Auguste-Pégurier, affichait une activité limitée à l’entretien capillaire, à la pose d’ongles et aux extensions de cils, sans aucune mention d’actes injectables. Les perquisitions menées sur place ont pourtant abouti à la saisie de seringues, de médicaments et de produits injectables, neufs et usagés, présentés comme provenant d’Asie, ainsi que 1 500 euros en espèces.

La femme soupçonnée d’avoir pratiqué l’injection, née en 1990 et domiciliée en région parisienne, s’est présentée comme esthéticienne. D’après les premiers éléments de l’enquête, la praticienne présumée n’aurait suivi aucun cursus certifiant et agissait hors de tout cadre légal pour ce type d’intervention. La gérante de l’établissement, née en 1998, a également été interpellée. Un troisième suspect, l’époux de la femme mise en cause, s’est spontanément présenté au commissariat le lendemain des faits pour restituer des produits qu’il avait emportés du salon.

Détention provisoire pour deux suspectes

Une information judiciaire a été ouverte pour homicide involontaire, mise en danger d’autrui, exercice illégal de la profession de médecin et détention de médicaments à usage humain falsifiés — une douzaine d’infractions au total selon les services de police judiciaire de Nice. La gérante du salon et la femme soupçonnée d’avoir réalisé l’injection ont été mises en examen et placées en détention provisoire. Le mari a lui aussi été mis en examen, mais placé sous contrôle judiciaire.

L’autopsie et les analyses toxicologiques doivent encore confirmer la nature exacte des substances administrées et établir le lien direct avec le décès. Une source plus récente évoque également la possibilité que la prestation recherchée ait concerné de l’acide hyaluronique plutôt que du botox, sans confirmation officielle à ce stade.

Une pratique déjà signalée par les autorités sanitaires

Cette affaire relance les mises en garde formulées depuis plusieurs années contre les injections esthétiques réalisées par des praticiens non qualifiés. L’Agence nationale de sécurité du médicament a recensé trois nouveaux cas graves s’apparentant à du botulisme depuis le printemps 2025. En 2024, plus de 800 000 actes de médecine esthétique ont été pratiqués en France, un chiffre en constante augmentation qui aurait favorisé, selon plusieurs professionnels du secteur, le recours à des « fake injectors » opérant hors de tout cadre légal, souvent via les réseaux sociaux.

Un syndicat national de chirurgie plastique alerte depuis 2022 les autorités sanitaires et judiciaires sur cette pratique clandestine, difficile à endiguer faute de contrôles suffisants sur la vente en ligne de produits injectables.

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