Yann Vézilier a quitté le territoire malien ce jeudi 13 août, quelques heures après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle. L’officier de la DGSE avait été arrêté à Bamako le 14 août 2025, puis condamné en juin à vingt ans de prison pour espionnage.
Une médiation attribuée au Maroc
Le communiqué du gouvernement de transition malien ne cite aucun pays. Il évoque simplement « un pays frère » dont les « bons offices » auraient permis d’obtenir cette grâce, dans le respect de la souveraineté nationale. Plusieurs titres de presse français et africains pointent toutefois vers le Maroc comme intermédiaire de ce dossier. Un responsable militaire malien aurait, d’après ces mêmes titres, validé cette version auprès de journalistes parisiens.
D’après des informations obtenues séparément, un émissaire marocain aurait tenu des propos précis lors des négociations avec les autorités maliennes : « Faites-le pour sa majesté, et au nom de nos relations ». Cette phrase, si elle est confirmée, montre la dimension personnelle que Mohammed VI accorderait à ce dossier diplomatique.
Un rapprochement diplomatique en toile de fond
Cette médiation intervient après une visite à Bamako, le 24 juillet, du chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, reçu par le président de transition Assimi Goïta en marge d’une session de la Haute commission mixte Maroc-Mali. Les deux pays ont multiplié les gestes de rapprochement ces derniers mois : le Mali a reconnu en avril le plan d’autonomie marocain comme solution au dossier du Sahara occidental, avant de retirer sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique.
Le Maroc s’est positionné à plusieurs reprises comme intermédiaire discret entre Paris et les régimes militaires du Sahel. En décembre 2024, une médiation similaire avait permis la libération de quatre ressortissants français détenus au Burkina Faso. Un an plus tôt, en 2022, les services de renseignement marocains avaient également joué un rôle dans la libération de militaires ivoiriens détenus au Mali.
Des zones d’ombre persistantes
Le texte gracier précise que la décision « ne remet pas en cause les faits retenus » lors du procès, présenté comme équitable. Les officiers maliens arrêtés aux côtés de Vézilier en août 2025, accusés d’avoir monté un réseau d’espionnage visant à déstabiliser la transition, n’ont en revanche fait l’objet d’aucune communication officielle sur leur sort judiciaire.
Certaines sources évoquent par ailleurs un possible lien entre cette grâce et la libération, en avril, de 82 militaires maliens retenus depuis plusieurs mois par la coalition jihadiste JNIM. Aucune source officielle n’a confirmé de lien direct entre les deux dossiers à ce stade.



