Nucléaire : Séoul veut le même droit d'enrichir l'uranium que l'Arabie saoudite

Séoul a entamé formellement des discussions avec Washington pour élargir ses droits d’enrichissement d’uranium civil, un mois après l’arrivée de la nouvelle ambassadrice américaine Michelle Steel. Les deux pays ont tenu leurs premiers pourparlers officiels sur ce sujet en juin, portant à la fois sur l’enrichissement, le retraitement du combustible usé et les sous-marins à propulsion nucléaire.

Un feu vert de principe obtenu en octobre 2025

La demande sud-coréenne remonte au sommet entre le président Lee Jae-myung et Donald Trump, tenu fin octobre à Gyeongju. Washington y avait pour la première fois reconnu, dans un texte conjoint, le droit de la Corée du Sud à poursuivre l’enrichissement civil et le retraitement du combustible usé, sans fixer d’échéance précise pour la suite des négociations.

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Toute extension de ces droits reste conditionnée à l’accord bilatéral dit « 123 » ainsi qu’à la législation américaine. Une coopération militaire sur les sous-marins nucléaires nécessiterait, elle, un accord distinct — un point sur lequel la présidence sud-coréenne assure que Séoul et Washington sont déjà en phase.

Le parallèle saoudien alimente la frustration à Séoul

La presse sud-coréenne a réagi vivement à l’accord nucléaire signé le 22 juillet entre Washington et Riyad, permettant à une entreprise américaine de construire une installation d’enrichissement en Arabie saoudite après une étude de faisabilité de deux ans. Plusieurs commentateurs sud-coréens y voient une incohérence dans la politique américaine de non-prolifération, la Corée du Sud ayant rejoint le traité de non-prolifération dès 1975 — treize ans avant Riyad — et ratifié en 2004 le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui élargit les pouvoirs de contrôle des inspecteurs.

Le conseiller à la sécurité nationale sud-coréen, Wi Sung-lac, s’est montré prudent le 22 juillet, se limitant à indiquer que Séoul suivait ce dossier de près, sans détailler la position officielle du pays. Dès le lendemain de l’annonce, Donald Trump a lui-même fragilisé l’accord saoudien en le conditionnant à une reconnaissance d’Israël par Riyad — une exigence que le royaume n’a jamais acceptée jusqu’ici.

Un précédent jugé difficilement transposable

Plusieurs experts consultés par la presse sud-coréenne doutent que l’accord avec Riyad ouvre automatiquement la voie à Séoul. L’un des anciens négociateurs américains ayant participé à la révision de l’accord « 123 » avec la Corée du Sud entre 2013 et 2015 a qualifié le texte saoudien de rupture par rapport à la doctrine américaine traditionnelle de non-prolifération, plutôt que d’un modèle destiné à être reproduit ailleurs.

L’industrie nucléaire sud-coréenne exploite aujourd’hui 26 réacteurs et multiplie les contrats à l’export, notamment via le consortium ayant construit la centrale de Barakah aux Émirats arabes unis. Sur le plan militaire, Washington a validé fin octobre 2025 la construction d’un sous-marin nucléaire d’attaque sud-coréen, dont l’assemblage doit avoir lieu dans les chantiers navals de Philadelphie, pour une mise en service visée avant 2040.

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