OTAN : Trump réclame le Groenland et menace de retirer ses troupes d'Europe

Un an après avoir imposé aux Européens un effort de défense record, Donald Trump rouvre le dossier qui empoisonne ses relations avec ses alliés. À son arrivée à Ankara pour le sommet de l’OTAN, mardi, le président américain a répété que le Groenland « devrait être contrôlé par les États-Unis, pas par le Danemark », avant d’évoquer un retrait pur et simple des soldats américains stationnés en Europe.

Les propos ont été tenus lors d’un entretien bilatéral avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, en marge de l’ouverture officielle du sommet. Selon les médias américains présents, Trump a reproché au Danemark de ne pas investir suffisamment dans le territoire arctique, jugé stratégique face aux ambitions russes et chinoises dans la région.

Un dossier rouvert depuis janvier

Le président américain avait semblé apaiser la tension en janvier, en annonçant depuis le Forum économique de Davos avoir posé, avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, « le cadre d’un futur accord » sur le Groenland. Un groupe de travail associant Washington, Copenhague et Nuuk s’était mis en place pour explorer les pistes de compromis, sans qu’aucun contenu concret n’en ait filtré depuis.

Ce cadre reste à ce jour flou. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, avait indiqué fin juin espérer une issue d’ici la fin de l’année. À Ankara, Trump a réactivé le sujet en des termes plus offensifs, affirmant que ce dossier a nui à sa relation avec l’Alliance atlantique.

La menace d’un désengagement militaire

Au-delà du Groenland, Trump a averti que Washington « pourrait retirer tous [ses] soldats hors d’Europe », ajoutant que le continent ferait bien de se montrer prudent sur les questions migratoires et énergétiques. Une telle décision se heurterait toutefois à un obstacle légal : la loi budgétaire de défense américaine pour 2026 interdit au Pentagone de faire descendre les effectifs stationnés en Europe sous 76 000 hommes pendant plus de 45 jours, sauf certification que la mesure sert la sécurité nationale, consultation préalable des alliés et rapport détaillé transmis au Congrès.

Le sommet d’Ankara se tient alors que la méfiance entre Washington et ses partenaires européens s’est accrue depuis la guerre menée par les États-Unis en Iran cet été, conduite sans concertation avec l’Alliance. Les pays membres devraient malgré tout afficher un front uni sur le soutien à l’Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est attendu à Ankara pour un dîner officiel offert par Erdogan.

Le sommet se poursuit ce mercredi avec une session consacrée aux engagements de dépenses militaires des pays membres, fixés à 5 % du PIB d’ici 2035 lors du précédent sommet de La Haye.

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