Le monde occidental « s’est ligué » contre la Russie, a affirmé Sergueï Lavrov ce mercredi 29 juillet. Le chef de la diplomatie russe s’exprimait lors d’un entretien accordé à Andreï Kondrachov, directeur général de l’agence TASS.
Une déclaration entre guillemets ironiques
Le ministre russe des Affaires étrangères n’a pas visé uniquement l’Europe ou les États-Unis. Il a employé une formule plus large, désignant le monde « civilisé« , entre guillemets, qui se qualifie ainsi lui-même. Selon ses propos, ce bloc entier se serait dressé contre Moscou — une situation grave que le président russe ne chercherait pas à minimiser, selon le ministre.
Lavrov a également ciblé les pays anglo-saxons, jugés particulièrement problématiques dans ce contexte. Les pays baltes ont eux été qualifiés d' »ogives » pointées contre son pays. L’entretien intervient alors que le ministre figure en tête de la liste électorale du parti « Russie unie« , un rôle politique qui s’ajoute à ses fonctions diplomatiques.
Des accusations contre l’Europe
Le chef de la diplomatie a accusé plusieurs pays européens de financer des structures antirusses installées à l’étranger. Ces réseaux chercheraient, d’après lui, à alimenter des troubles internes en Russie. Il a évoqué des collectes de fonds destinées à soutenir une lutte clandestine visant la fracture du pays.
Les Occidentaux combattraient par ailleurs Moscou via l’Ukraine, avec des degrés d’intensité variables, en livrant des armements modernes et en annonçant la mise au point de nouveaux systèmes. Le ministre a affirmé que les chaînes de télévision russes montrent régulièrement les intentions prêtées à l’Occident, jugeant cette exposition utile pour que le public perçoive la gravité de la situation.
Un dialogue rompu
Lavrov est revenu sur les débuts du mandat de Vladimir Poutine, alors ouvert selon lui à un partenariat stratégique équilibré avec les puissances occidentales. Cette main tendue n’aurait jamais débouché sur une relation constructive durable, un échec que le ministre attribue aujourd’hui à la partie occidentale.
Cette sortie survient dans une séquence tendue : dans la nuit précédant l’entretien, la défense antiaérienne russe affirme avoir intercepté près de 300 drones ukrainiens au-dessus de la région de Riazan. Washington a de son côté mené des frappes en territoire irakien, tandis que Téhéran répliquait contre des bases américaines, un climat régional sous tension à l’échelle mondiale.
Cette rhétorique de l’Occident uni contre Moscou n’est pas nouvelle dans le discours du Kremlin : dès septembre 2023, devant l’Assemblée générale de l’ONU, Lavrov avait déjà dénoncé un Occident qualifié d' »empire du mensonge », accusant les pays occidentaux de mener une guerre par procuration via l’Ukraine. Près de trois ans plus tard, le vocabulaire employé reste similaire, malgré l’évolution du conflit sur le terrain.



