Pour Poutine, l'Ukraine finira par perdre ses territoires occidentaux « tôt ou tard »

Les régions occidentales de l’Ukraine sont, selon Vladimir Poutine, condamnées à échapper un jour au contrôle de Kiev. Le président russe a formulé cette prédiction ce 26 juillet, lors d’une rencontre avec des membres des forces armées de la marine russe.

Une prédiction sur un calendrier flou

Le chef du Kremlin a évoqué des terres « qui appartenaient autrefois à la Pologne, à la Hongrie et à la Roumanie », sans citer de région précise. Il a refusé de fixer une échéance, évoquant un délai pouvant aller « d’un an à quinze ans » avant que, selon ses mots, « l’histoire ne remette tout à sa place ». Poutine a présenté ce scénario comme une conséquence directe de la rupture entre Moscou et Kiev, estimant que la Russie avait longtemps été le seul garant de l’intégrité territoriale ukrainienne avant que celle-ci ne la désigne comme ennemie.

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Des annexions déjà actées par Moscou

Cette déclaration s’ajoute à une liste de revendications déjà formalisées par le Kremlin depuis 2014. La péninsule de Crimée a été annexée en mars de cette année-là, après un référendum non reconnu par la communauté internationale, et administrée depuis comme deux entités fédérales russes. Huit ans plus tard, le 30 septembre 2022, quatre oblasts ukrainiens supplémentaires ont fait l’objet d’une annexion proclamée par Moscou à l’issue de scrutins organisés dans des zones partiellement occupées : Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia. Ces territoires restent en grande partie disputés militairement, et aucune de ces annexions n’est reconnue par les Nations unies, qui les avaient condamnées par la résolution A/RES/ES-11/4 du 12 octobre 2022.

À titre de comparaison historique, ces frontières occidentales évoquées par le président russe correspondent en partie à des zones rattachées à l’Ukraine soviétique après 1945, à la suite des accords de Yalta qui ont redessiné les frontières de la Pologne, de la Hongrie et de la Roumanie au profit de l’URSS.

Une nouvelle ligne dans le discours du Kremlin

Jusqu’ici, les déclarations russes sur l’intégrité territoriale ukrainienne portaient essentiellement sur les zones orientales et méridionales déjà revendiquées. En évoquant pour la première fois les régions frontalières avec la Pologne, la Hongrie et la Roumanie, Poutine élargit le champ des territoires jugés susceptibles d’échapper à Kiev, sans toutefois annoncer d’action militaire immédiate dans ces zones.

Ces propos interviennent alors que les discussions sur un éventuel règlement du conflit restent bloquées sur la question des concessions territoriales, Kiev ayant à plusieurs reprises exclu toute cession de territoire comme préalable à un cessez-le-feu. Aucune réaction officielle de l’Ukraine à ces dernières déclarations n’avait été rendue publique au moment de la publication de cet article.

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