Une salve d’insultes racistes provoque une vague de condamnations internationales. Emmanuel Macron, Gianni Infantino et Philippe Diallo ont dénoncé, lundi 6 juillet, les propos tenus par la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla contre Kylian Mbappé, au lendemain de l’élimination du Paraguay face à la France en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026.
Le litige remonte à la victoire française (1-0) obtenue samedi à Philadelphie, où Mbappé avait inscrit son septième but du tournoi sur penalty. Après le coup de sifflet final, le capitaine des Bleus n’avait pas serré la main du gardien paraguayen Orlando Gil. Amarilla avait alors publié plusieurs messages sur X qualifiant le joueur du Real Madrid de « Camerounais issu de la colonisation » et lui attribuant des propos comparant son éducation à des cris de chimpanzés. Mbappé avait répliqué en la qualifiant de femme méprisable et indigne de sa fonction.
Trois condamnations distinctes en quelques heures
Le président français a salué son capitaine sur X, estimant que Mbappé venait de marquer « un but de plus… contre le racisme cette fois ». Son message associait le geste du joueur à la défense des valeurs de dignité et de fraternité.
Le président de la Fifa a choisi Instagram pour réagir, condamnant sans équivoque les propos tenus contre l’attaquant français et appelant le monde du football à lutter collectivement contre le racisme. Sa prise de position s’ajoute à celle de plusieurs dirigeants sportifs, alors que l’instance qu’il préside organise le Mondial disputé simultanément aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Le président de la Fédération française de football a, de son côté, annoncé qu’un signalement au parquet avait été déposé à des fins de poursuite judiciaire, qualifiant les déclarations d’abjectes et d’inacceptables. La fédération avait déjà exprimé son soutien total au joueur et à l’ensemble des victimes de propos haineux similaires.
Une désapprobation qui dépasse la sphère sportive
La condamnation ne s’est pas limitée aux instances sportives françaises. Selon l’Élysée, le président paraguayen aurait lui-même écrit à son homologue français pour condamner les propos de sa sénatrice, une démarche également suivie par le ministère paraguayen des Affaires étrangères. Le gouvernement d’Asunción s’était par ailleurs désolidarisé publiquement d’Amarilla, jugeant ses déclarations contraires aux principes de coexistence pacifique et de dignité humaine, et précisant qu’elles n’engageaient que sa responsabilité individuelle.
Deux candidats à l’élection présidentielle française de 2027, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon, ont également condamné les propos de la sénatrice, élargissant la controverse au débat politique intérieur français à moins d’un an du scrutin.
Amarilla, avocate de 61 ans membre du Parti libéral radical authentique, avait déjà été suspendue de ses fonctions de députée en 2020 après avoir dénoncé des irrégularités présumées dans l’élection de plusieurs parlementaires paraguayens.
La procédure judiciaire annoncée par la Fédération française de football reste, à ce stade, entre les mains du parquet, qui devra déterminer les suites à donner au signalement déposé contre la sénatrice.
