Près de huit étudiants nigérians sur dix restaient au Royaume-Uni cinq ans après y avoir obtenu leur premier visa étudiant, selon une note publiée par le Migration Observatory de l’université d’Oxford. Sur la cohorte arrivée en 2020, 78% détenaient encore un visa valide fin 2025, une proportion plus élevée que celle de toutes les autres nationalités étudiées.
Un écart marqué avec l’Inde et le reste de l’Asie
L’Inde arrive en seconde position avec 58% de ses ressortissants encore présents sur la même période. Les étudiants venus de Chine et des États-Unis, en comparaison, quittaient le pays beaucoup plus fréquemment après leurs études. Ces deux nationalités affichaient des taux de maintien nettement inférieurs, sans que la note ne précise de pourcentage exact les concernant.
Ce maintien prolongé s’expliquerait principalement par le recours au Graduate Visa, une voie ouverte en 2021 qui permet aux diplômés étrangers de vivre et travailler au Royaume-Uni pendant deux ans, ou trois ans pour les titulaires d’un doctorat. D’après le Migration Observatory, une part importante des anciens étudiants bascule vers ce dispositif ou vers un autre type de visa de travail plutôt que de quitter le pays à la fin de leurs études.
Une tendance généralisée à l’ensemble des étudiants étrangers
Au-delà du cas nigérian, l’étude relève une évolution plus large : parmi tous les migrants ayant obtenu un visa étudiant en 2020, 41% détenaient encore une autorisation de séjour cinq ans plus tard. Sur ce total, 26% avaient basculé vers un visa de travail, 6% restaient sous statut étudiant, et 59% n’avaient plus de visa valide, ce qui suggère qu’ils avaient quitté le territoire. Pour la cohorte arrivée en 2019, seuls 25% détenaient encore un visa valide au bout de cinq ans, ce qui illustre une accélération récente de ce phénomène de maintien.
Le rapport souligne toutefois que rester au Royaume-Uni ne rapproche pas automatiquement ces anciens étudiants de la résidence permanente. Le temps passé sous visa étudiant ou Graduate Visa ne compte pas dans le calcul des cinq années de résidence habituellement exigées pour une demande de settlement, le statut de résident permanent britannique. En novembre 2025, le gouvernement a annoncé un durcissement de cette procédure, avec un doublement de la durée de résidence standard requise, portée à dix ans, bien que les modalités précises restent floues à ce jour.
Un cadre de resserrement des politiques migratoires
Cette proportion élevée de maintien nigérian intervient alors que Londres cherche à réduire l’attractivité de la voie étudiante. Depuis janvier 2024, les étudiants inscrits en master ne peuvent plus faire venir leur conjoint ou leurs enfants, une restriction qui a fait chuter de 85% le nombre de visas accordés aux familles d’étudiants en un an. À partir de janvier 2027, la durée standard du Graduate Visa sera réduite de 24 à 18 mois.
Le Nigeria demeure malgré tout l’un des principaux pays d’origine des étudiants internationaux au Royaume-Uni, représentant 6% des nouvelles inscriptions en 2024/25, derrière l’Inde et la Chine (23% chacune) et le Pakistan (8%). Les autorités britanniques ont enregistré en parallèle 13 000 demandes d’asile déposées en 2025 par des personnes entrées initialement avec un visa étudiant, soit 12% de l’ensemble des demandes d’asile cette année-là.



