Russie : un pont servant de corridor militaire va bientôt relier la Corée du Nord

Le pont routier reliant Khassan, en Russie, à Toumangang, en Corée du Nord, entre dans sa phase finale de construction. Selon une enquête de l’organisation ukrainienne Truth Hounds relayée par The Guardian le 28 juillet, cette infrastructure servirait avant tout à établir un corridor logistique militaire dissimulé sous une façade commerciale.

Un décalage entre la vitrine et les chiffres

Des équipes de construction nord-coréennes, des responsables militaires et des soldats pourraient transiter par cet axe vers la Russie, tandis que des technologies et ressources russes emprunteraient le trajet inverse, selon les conclusions des chercheurs. Cette hypothèse s’appuie sur un déséquilibre économique jugé difficilement explicable : le commerce entre les deux pays n’a atteint que 34 millions de dollars en 2024, un montant dérisoire au regard des 100 millions de dollars investis dans la construction du pont, alors que le tourisme reste très restreint côté nord-coréen.

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Le ministre russe des Transports Andreï Nikitine et l’agence nord-coréenne KCNA défendent une version différente : le pont renforcerait les échanges commerciaux et touristiques entre les deux territoires. Cette version officielle contraste avec les images satellite consultées par les enquêteurs, qui montrent un poste-frontière prévu pour dix voies de circulation ainsi qu’une plateforme pour hélicoptères en construction côté russe.

Un ouvrage bientôt opérationnel

Long d’environ un kilomètre et doté de deux voies, le pont franchit le fleuve Tumen et fait partie d’un franchissement global de 4,7 kilomètres incluant les routes d’accès. La partie nord-coréenne des travaux est achevée, alors qu’une ouverture avait initialement été annoncée pour juin. Côté russe, la construction des infrastructures douanières se poursuit toujours.

Un rapprochement militaire amorcé depuis 2022

La coopération entre Moscou et Pyongyang s’est intensifiée depuis le déclenchement de le début de la guerre en Ukraine. Un traité de défense mutuelle a été signé en 2024 lors d’une visite de Vladimir Poutine en Corée du Nord, prévoyant une assistance militaire réciproque en cas d’attaque contre l’un des deux pays. Plusieurs milliers de soldats nord-coréens auraient depuis été déployés dans la région russe de Koursk pour repousser une offensive ukrainienne, sans confirmation officielle de Moscou ni de Pyongyang.

La frontière commune entre les deux pays, longue de seulement 19 kilomètres, était jusqu’ici traversée par un unique pont ferroviaire construit en 1959, le pont de l’Amitié. Situé à quelques centaines de mètres de cet ouvrage historique, le nouveau franchissement routier deviendrait la première liaison carrossable jamais établie entre les deux capitales.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti que la Russie préparerait le terrain pour élargir sa mobilisation militaire. Le Kremlin aurait réagi avec nervosité après des déclarations ukrainiennes évoquant la présence de 30 000 soldats nord-coréens sur le sol russe.

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