Athlétisme: après son record du monde, Ruto voit en Wanyonyi la preuve de la force kényane

Vingt-sept ans qu’un chronomètre résistait à toutes les tentatives. Emmanuel Wanyonyi l’a fait tomber vendredi 10 juillet à Monaco, en établissant le nouveau record du monde du 1000 m en 2 min 11 s 83, lors du meeting Herculiscomptant pour la Ligue de Diamant. Le président William Ruto a salué publiquement cette performance, y voyant une démonstration de la puissance de l’athlétisme kényan.

Un record effacé après près de trois décennies

L’athlète de 21 ans, déjà champion olympique et champion du monde du 800 m, disputait sa toute première course sur 1000 m. Deux lièvres se sont relayés pour maintenir l’allure, le premier atteignant le 400 m en 50 s 95 puis le second passant le relais aux alentours du 800 m, avant que Wanyonyi n’accélère seul vers la ligne, chassé sans succès par le Britannique Jake Wightman, arrivé deuxième en 2 min 12 s 77, record personnel à la clé. L’Algérien Djamel Sedjatia complété le podium en 2 min 13 s 94.

Le précédent record appartenait à un autre Kényan, Noah Ngeny, auteur de 2 min 11 s 96 le 5 septembre 1999 à Rieti, en Italie. Wanyonyi retranche ainsi 13 centièmes à une marque considérée comme l’une des plus solides de l’histoire du demi-fond. Cette distance reste en dehors des grands rendez-vous internationaux — ni aux Jeux olympiques, ni aux Mondiaux — mais ses performances sont officiellement enregistrées par World Athletics, l’instance mondiale de la discipline.

Ruto associe la performance à l’image du pays

Sur son compte officiel, le chef de l’État kényan a félicité l’athlète en des termes dépassant la simple performance sportive. « L’exploit historique de Wanyonyi a une nouvelle fois montré au monde la force de l’athlétisme kényan et rendu notre nation immensément fière », a-t-il écrit, ajoutant que cet exploit inspirerait de nouvelles générations de champions.

Cette prise de parole s’inscrit dans une pratique récurrente des autorités kényanes, qui associent régulièrement les succès de leurs athlètes de demi-fond et de fond à l’image internationale du pays. Le Kenya domine depuis plusieurs décennies les courses de moyenne et longue distance, avec des figures comme Eliud Kipchoge en marathon ou Faith Kipyegon sur les épreuves féminines de demi-fond.

Une soirée record à plusieurs titres

Le record de Wanyonyi n’a pas été l’unique fait marquant de la réunion monégasque. La Kényane Agnes Ngetich a signé la troisième meilleure performance de l’histoire du 3000 m, tandis que la Sainte-Lucienne Julien Alfred a couru le 200 m le plus rapide de l’année en 21 s 51. Au saut à la perche, le Suédois Mondo Duplantis a franchi 6,07 m, record du meeting, pendant que l’Australienne Nina Kennedy améliorait le record d’Océanie à 4,95 m.

Wanyonyi, resté relativement discret depuis le début de la saison avec seulement deux deuxièmes places en Ligue de Diamant, confirme par cette sortie son statut de meilleur spécialiste mondial des courses courtes de demi-fond, un an après son sacre olympique sur 800 m.

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