Sénégal : Diomaye Faye tourne la page PASTEF avec son nouveau parti « Kiiraay »

Bassirou Diomaye Faye a officiellement quitté l’orbite du PASTEF ce samedi 25 juillet. Le président sénégalais a dévoilé le nom de sa nouvelle formation, « Kiiraay – Les Patriotes Républicains« , lors d’une Assemblée générale constitutive au King Fahd Palace de Dakar.

Un nom qui acte la séparation

Ce mot wolof signifie, selon les propos du chef de l’État, ce qui protège. La nouvelle structure est née de la transformation de la coalition « Diomaye Président », celle-là même qui l’avait porté au pouvoir en 2024 aux côtés de son ex-allié Ousmane Sonko. Le président a précisé que le parti se veut ouvert à tous les républicains, sans référence directe à sa formation d’origine. Un congrès national, chargé d’installer les structures définitives à travers le pays, est annoncé pour la fin de l’hivernage, après une tournée nationale de mobilisation des militants.

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Une rupture consommée depuis mai

Ce lancement clôt un cycle de tensions ouvert dès novembre 2025 entre les deux hommes, autour de désaccords sur des nominations internes à la coalition. La bascule décisive est intervenue le 22 mai 2026 : Sonko a été démis de ses fonctions de Premier ministre par décret présidentiel, remplacé par Ahmadou Al Aminou Lo. Depuis, l’ancien chef du gouvernement préside l’Assemblée nationale, d’où il a récemment menacé de faire tomber l’exécutif sur des questions de gestion pétrolière et gazière.

Le 4 juillet déjà, Faye avait annoncé son intention de créer une formation distincte du PASTEF, geste confirmé aujourd’hui par la présentation officielle de Kiiraay. Dans l’intervalle, plusieurs départs avaient été enregistrés au sein de l’appareil présidentiel, dont celui d’une directrice de cabinet adjointe, appelée depuis à rejoindre la nouvelle structure.

Un cadre budgétaire sous tension

La création du parti intervient alors que le Sénégal reste sous surveillance de ses créanciers. Le Fonds monétaire international évaluait début juillet la dette publique du pays à environ 132 % du produit intérieur brut, un ratio qui limite les marges de manœuvre du nouvel exécutif dans ses négociations en cours.

À titre de comparaison, le pays n’avait plus connu de recomposition politique aussi rapide depuis l’effondrement du Parti socialiste à la fin des années 2000, après plusieurs décennies de domination sans partage. Avec Kiiraay, Faye referme ainsi, un peu plus de deux ans après son investiture, le chapitre PASTEF qui l’avait mené à la présidence.

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