SpaceX : Elon Musk exclut les citoyens et composants chinois de sa chaîne d'approvisionnement

Des dizaines d’usines fournissant SpaceX dans le monde ne pourront plus employer de personnel chinois sur les lignes dédiées à l’entreprise. C’est ce que révèle une enquête de Nikkei Asia publiée le 30 juillet, citant plusieurs sources internes au secteur.

Une purge qui vise personnel et pièces détachées

L’exigence ne se limite pas aux ressources humaines. Aucune pièce fabriquée en Chine ne peut entrer dans la composition des produits destinés à l’entreprise dirigée par Elon Musk, précisent les mêmes sources — y compris lorsque l’usine productrice appartient à un groupe non chinois. Un cadre du secteur, cité par Nikkei Asia, confirme que les fournisseurs sont tenus de remplacer tout salarié chinois travaillant sur un projet SpaceX, sous peine de voir leurs commandes futures compromises. Des audits sont menés directement dans les usines partenaires, existantes ou pressenties.

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Le niveau d’exigence dépasse celui pratiqué par des géants de l’électronique grand public. HP et Dell Technologies, par exemple, séparent leurs circuits de production sans exclure la main-d’œuvre locale sur le marché chinois. Tesla, également pilotée par Musk, applique une logique comparable à celle désormais imposée aux fournisseurs de SpaceX.

Des usines taïwanaises priées de partir

L’île de Taïwan concentre une partie des tensions. Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, plusieurs fabricants taïwanais de composants satellitaires — dont Chin-Poon Industrial — auraient reçu la consigne de délocaliser leur production, en raison de considérations géopolitiques liées au détroit. Une partie de cette production basculerait vers la Thaïlande ou le Vietnam.

Musk avait déjà suscité une vive réaction de Taipei l’an dernier en qualifiant l’île de partie intégrante du territoire chinois, une position rejetée par le gouvernement taïwanais, qui revendique sa souveraineté face à Pékin.

Une manœuvre liée aux contrats militaires américains

Cette restructuration répondrait aux critères de conformité imposés aux entreprises candidates aux marchés de défense américains, qui interdisent toute présence de matériaux, composants ou main-d’œuvre issus de pays jugés à risque comme la Chine ou la Russie. SpaceX, partenaire de la NASA sur le programme Artemis, dépend fortement de ce type de contrats.

Le sujet n’est pas nouveau à Washington : en février 2026, les sénateurs Elizabeth Warren et Andy Kim avaient déjà interpellé le secrétaire à la Défense sur des investissements chinois non déclarés dans SpaceX, évoquant un risque inacceptable pour la sécurité nationale. Une enquête de ProPublica avait alors révélé que des investisseurs chinois auraient fait transiter des fonds via les Caraïbes pour acquérir discrètement des parts dans l’entreprise. SpaceX avait également écarté les investisseurs chinois et hongkongais de son introduction en Bourse du 12 juin, opération ayant levé 75 milliards de dollars pour une valorisation proche de 1 770 milliards de dollars.

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