Le Comité des rites Vodun du Bénin, avec l’appui du ministère de la Culture, a organisé une conférence publique sur la théologie Vodun qui s’est déroulée le samedi 4 juillet 2026 au Palais des Congrès de Cotonou.
Avec pour objectif de faire mieux connaître la théologie Vodun et de favoriser un débat scientifique autour de cette thématique, ce rendez-vous a rassemblé universitaires, dignitaires, chercheurs et grand public (📲 Rejoignez dès maintenant 👉 la communauté de La Nouvelle Tribune sur WhatsApp !).
Le professeur Mahougnon Kakpo, président du Comité des rites Vodun du Bénin, a présenté cette initiative, comme une réponse à un besoin de clarification sur une composante essentielle du patrimoine béninois. Le professeur Kakpo a fermement démonté une idée reçue tenace, celle qui associe le Vodun à la violence, y compris envers des enfants ou des femmes. D’après lui, le Vodun n’admet pas la mort. Il a indiqué que le serment prêté dans le Vodun interdit explicitement d’abréger la vie d’autrui.
Quatre visages pour comprendre le Vodun
Interrogé sur une définition accessible à tous, le professeur Kakpo Mahougnon a décrit le Vodun selon quatre dimensions complémentaires : une philosophie ésotérique, une manière de penser et de concevoir le cosmos ; une spiritualité, un chemin qu’un individu choisit de tracer ; une religion, qui admet la création par un être absolu et incréé, désigné sous le nom de Mawu ; une culture, englobant les arts, la cuisine, la médecine, la danse et les chansons.
Il a aussi parlé du port de perles par les initiés. Selon lui, il s’agit d’un attribut extérieur fondamental du Vodun, comparable au port de la croix dans d’autres traditions religieuses.
Un vocabulaire à réapprendre
Le professeur Kakpo a proposé un éclairage linguistique sur le mot « hundo », terme générique désignant l’ensemble des Vodun. De nombreux Béninois vivraient au quotidien dans la culture Vodun sans le savoir, selon le professeur Kakpo. Noms propres, plats et expressions du langage courant portent souvent une origine Vodun, même chez ceux qui ne s’en revendiquent pas religieusement.
En marge de la conférence, le prêtre Vodun Sylvain Adoho, connu sous le nom de « Maître Bobos » et également sociologue, a partagé son propre rapport à cette théologie, qu’il dit incarner et faire connaître depuis plusieurs années dans les médias. Il a décrit le Vodun comme une culture douce et pacifique. Il a invité chaque Béninois à être fier de son héritage culturel.
Au-delà de cette journée, les organisateurs affichent l’ambition de renforcer durablement le dialogue entre le Vodun et les populations, dans le respect de ses valeurs, de son histoire et de sa place dans l’identité culturelle béninoise.



