Le président de la Commission de l’Union africaine s’est engagé à inscrire les attaques xénophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud à l’ordre du jour de la prochaine réunion de l’organisation, à la demande du Ghana. L’annonce a été faite jeudi par le président ghanéen John Dramani Mahama, à l’issue d’un entretien avec Mahmoud Ali Youssouf en marge d’une session extraordinaire de l’Union africaine organisée à Accra.
Selon un communiqué de la présidence ghanéenne, cette question sera examinée lors de la prochaine session de l’organisation continentale après un échange entre John Dramani Mahama et Mahmoud Ali Youssouf. Le chef de l’État ghanéen estime que cette initiative doit permettre aux États membres d’aborder collectivement les violences signalées contre des ressortissants africains installés en Afrique du Sud.
Un engagement obtenu auprès de la Commission de l’UA
D’après la présidence du Ghana, John Dramani Mahama a sollicité l’inscription de ce dossier à l’agenda de l’Union africaine au cours d’une rencontre bilatérale organisée en marge d’une session extraordinaire tenue à Accra.
Le président ghanéen a expliqué que son pays ne nourrissait « aucune animosité envers l’Afrique du Sud », tout en jugeant impossible d’ignorer les conséquences des violences subies par des citoyens ghanéens et d’autres ressortissants africains. Selon lui, un débat au sein de l’organisation continentale offrirait à Pretoria l’occasion de présenter sa position et permettrait aux États membres de rechercher une réponse commune.
Il a aussi estimé que « balayer la question sous le tapis » ne permettrait pas d’en traiter les causes profondes, selon les propos rapportés par la présidence ghanéenne.
Les violences alimentent les tensions diplomatiques
Ces dernières semaines, les attaques visant des étrangers en Afrique du Sud ont suscité des réactions de plusieurs gouvernements africains. Des États ont appelé les autorités sud-africaines à renforcer la protection des migrants et des ressortissants du continent présents sur leur territoire.
Cette situation a accentué les tensions entre Accra et Pretoria. Les autorités ghanéennes ont multiplié les démarches diplomatiques pour attirer l’attention des instances africaines sur la sécurité de leurs citoyens vivant en Afrique du Sud.
Un dossier appelé à être débattu au niveau continental
Si l’engagement annoncé est suivi d’effet, la prochaine réunion de l’Union africaine devrait permettre aux États membres d’examiner officiellement la question des attaques xénophobes et leurs conséquences sur la libre circulation des personnes en Afrique.
Créée en 2002, l’Union africaine rassemble 55 États membres et constitue la principale organisation politique du continent. Parmi ses missions figurent la promotion de la paix, de la sécurité et de l’intégration africaine. L’examen de ce dossier pourrait ainsi ouvrir des discussions sur les mécanismes de prévention des violences visant les ressortissants étrangers et sur la coopération entre les États pour mieux protéger les citoyens africains vivant hors de leur pays d’origine.



