Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie n’avait jamais demandé à la France l’instauration d’un quota de visas lors d’une intervention diffusée lundi par la présidence algérienne. Cette déclaration intervient après les propos de l’ambassadeur français à Alger évoquant la possibilité d’un retour à 250 000 visas annuels pour les ressortissants algériens.
Le président algérien a assuré que ce dossier n’avait jamais fait l’objet d’une demande officielle de la part d’Alger. « Je n’ai jamais demandé de quota de visas », a-t-il déclaré lors de sa rencontre périodique avec des représentants de la presse nationale.
Quelques jours plus tôt, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, avait évoqué un objectif de délivrance de 250 000 visas par an aux algériens. Ces déclarations avaient ensuite été démenties par le président français Emmanuel Macron, relançant les interrogations autour de la gestion des déplacements entre les deux pays.
Un dossier sensible entre Paris et Alger
La question des visas reste un sujet particulièrement suivi dans les relations franco-algériennes. Les restrictions appliquées par la France ces dernières années avaient provoqué des tensions avec Alger, dans un contexte marqué par des désaccords sur l’immigration, les obligations de réadmission et la coopération consulaire.
Abdelmadjid Tebboune a également rejeté l’idée d’une démarche de demande ou de pression envers Paris sur d’autres dossiers historiques. Selon des propos rapportés par la présidence algérienne, il a affirmé que l’Algérie ne cherchait pas à obtenir des concessions françaises, déclarant qu’elle « ne mendie pas ».
Cette position intervient dans une relation bilatérale marquée par des épisodes de crise depuis l’indépendance algérienne en 1962. La France a colonisé l’Algérie pendant 132 ans, de 1830 à 1962, avant une guerre d’indépendance qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes selon les estimations historiques. Les questions liées à la mémoire coloniale, aux archives, aux essais nucléaires français dans le Sahara et au statut des harkis continuent d’alimenter les débats entre les deux pays.
Des relations marquées par des crises régulières
Malgré ces tensions, la France et l’Algérie conservent des liens importants sur les plans économique, humain et culturel. Plusieurs millions de personnes en France ont des attaches familiales avec l’Algérie, tandis que les échanges commerciaux et universitaires restent significatifs.
Les relations diplomatiques ont toutefois connu plusieurs périodes de refroidissement. En 2021, une crise majeure avait éclaté après des déclarations du président Emmanuel Macron sur l’histoire de l’Algérie et le fonctionnement du système politique algérien. Alger avait alors rappelé son ambassadeur à Paris avant un retour progressif au dialogue.
Tebboune veut clarifier la position d’Alger
À travers ses déclarations sur les visas, Abdelmadjid Tebboune cherche à rappeler la position officielle de son gouvernement sur un dossier devenu récurrent dans les échanges avec Paris. Le chef de l’État algérien affirme que les discussions bilatérales ne reposent pas sur une demande de quotas, mais sur une gestion globale des relations entre les deux pays. La question des visas devrait toutefois continuer à occuper une place importante dans les relations franco-algériennes, compte tenu des enjeux migratoires et diplomatiques qu’elle représente.



