Face à la guerre en Iran, Trump accuse Biden d'avoir envoyé trop de munitions à l'Ukraine

Donald Trump a rejeté la responsabilité d’un possible manque de munitions américaines sur son prédécesseur Joe Biden. Interrogé à bord de son avion ce lundi 27 juillet sur un éventuel élargissement de la guerre contre l’Iran, le président américain a affirmé disposer de stocks suffisants tout en pointant les livraisons massives faites à l’Ukraine sous l’administration précédente.

Une accusation directe contre l’ex-président

Selon les propos rapportés, le président a affirmé disposer de « beaucoup de munitions, de différents types », tout en reconnaissant que « beaucoup de munitions ont été données à l’Ukraine par Biden ». Il a précisé qu’à son départ de la Maison-Blanche, les entrepôts étaient pleins, et a visé l’administration Obama, affirmant que celle-ci n’achetait pas de munitions durant son mandat, ce qui aurait laissé des stocks très faibles à son arrivée au pouvoir.

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Le président a ensuite assuré avoir fait reconstruire ces réserves rapidement, avant de déplorer qu’une grande partie en ait de nouveau été cédée à l’Ukraine dès son départ, évoquant des volumes « que personne n’a jamais vus auparavant ». Il a toutefois affirmé que la production repartait à un rythme soutenu, citant des usines en construction chez plusieurs sous-traitants de défense et une montée en puissance de la fabrication des systèmes Patriot, tout en admettant vouloir davantage d’équipements sophistiqués.

Une controverse qui dure depuis plusieurs jours

Cette sortie intervient alors que la question des stocks américains agite Washington depuis une semaine. Un responsable de l’administration avait averti le Washington Post que le Pentagone ne disposait plus de réserves suffisantes pour maintenir le rythme des opérations au Moyen-Orient. Le think tank CSIS avait de son côté chiffré la consommation : durant les 39 premiers jours du conflit, l’armée américaine avait frappé plus de 13 000 cibles, épuisant plus de la moitié des stocks disponibles pour au moins quatre types de missiles majeurs, dont les Tomahawk et les Patriot.

Ces alertes avaient été suivies d’une pause inhabituelle sur le terrain, aucune frappe américaine n’ayant été signalée contre l’Iran pendant deux nuits consécutives, une situation que des médias américains avaient reliée aux tensions sur les munitions. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait de son côté nié toute pénurie, évoquant des réserves stockées dans des lieux tenus secrets. L’amiral Brad Cooper, commandant du Centcom, avait tenu un discours similaire quant à la capacité des forces américaines à absorber un éventuel manque.

Une facture déjà chiffrée en milliards

Le coût du conflit reste considérable : les deux premiers jours de la guerre, déclenchée le 28 février, avaient à eux seuls représenté 5,6 milliards de dollars en armement, selon des documents transmis au Congrès. À titre de comparaison historique, le Pentagone avait déjà été confronté à une controverse similaire sur ses stocks de munitions guidées de précision lors de la guerre du Golfe en 1991, où la consommation de missiles avait dépassé les prévisions initiales de plusieurs mois de production.

Le Congrès examine actuellement un financement supplémentaire destiné à reconstituer les réserves, tandis que l’administration envisage de recourir au Defense Production Act pour accélérer la production des industriels de défense. Les déclarations de Trump interviennent dans ce climat d’incertitude, sans qu’aucun chiffre officiel sur l’état réel des stocks n’ait été communiqué à ce jour.

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