La Moldavie compte des troupes russes stationnées en Transnistrie depuis plus de trente ans. Cette présence militaire prend une importance nouvelle : selon le New York Times, Vladimir Poutine aurait fixé pour 2026 l’objectif de fragiliser l’OTAN et l’Union européenne en passant par ce petit pays de 2,4 millions d’habitants.
Le quotidien américain rapporte que le président russe aurait transmis cette consigne lors d’une réunion à huis clos avec les responsables militaires et du renseignement, en décembre 2025. Les termes employés, selon des sources citées par le journal, auraient été clairs : « votre objectif pour 2026 est l’effondrement de l’OTAN et de l’UE de l’intérieur ».
Un double discours assumé
Ce message contraste avec les déclarations publiques du chef du Kremlin. Un mois plus tôt, devant le commandement militaire russe, Poutine avait accusé les dirigeants européens d’attiser l’hystérie autour de la menace russe. Les responsables du renseignement occidental cités par le NYT établissent une hiérarchie des priorités : la conquête de l’Ukraine reste en tête, la prise de contrôle de Moldavie arrivant en seconde position.
Le pays n’appartient ni à l’OTAN ni à l’UE, mais sa position géographique en fait un point de passage stratégique entre les deux entités et l’Ukraine. D’après les sources du journal américain, Moscou chercherait à s’emparer du sud ukrainien pour créer un corridor terrestre reliant la Russie à la Transnistrie, région séparatiste moldave où stationnent plusieurs milliers de soldats russes.
Des méthodes d’influence documentées
L’ingérence russe en Moldavie aurait pris des formes multiples ces dernières années : financement de prêtres orthodoxes, achat de voix, camps d’entraînement destinés à préparer des actions de déstabilisation électorale. Le conseiller à la sécurité nationale du président moldave, Stanislav Secrieru, estime que la Russie compte utiliser le pays comme point d’appui pour des opérations hostiles visant l’Ukraine et ses partenaires occidentaux.
Ces efforts n’ont pourtant pas empêché les revers électoraux pour Moscou. Le parti pro-européen de la présidente Maia Sandu a recueilli plus de 50 % des voix lors du scrutin législatif, malgré une campagne d’achat de votes et de troubles déjoués par la police moldave. Un an plus tôt, un référendum avait déjà inscrit dans la Constitution du pays l’objectif d’adhésion à l’UE.
Une pression qui s’intensifie sur le terrain
Les tensions se sont matérialisées récemment par une frappe de drone ayant touché une ligne à haute tension, privant d’électricité une partie du territoire moldave. Le 9 août, une explosion près du village de Crocmaz a également été attribuée à des fragments de drone militaire par la police locale, ce qui a conduit Chisinau à rappeler son ambassadeur en Russie dès le lendemain.
Ces incidents surviennent alors que le renseignement américain, cité début août par le Wall Street Journal, évalue que la Russie pourrait tester l’engagement de l’OTAN en matière de défense collective en s’en prenant à un pays membre entre l’automne 2026 et 2029. Le général allemand Carsten Breuer a par ailleurs indiqué que des drones russes surveillaient quasi quotidiennement les défenses aériennes des pays du flanc oriental de l’Alliance.



