La dette fédérale américaine a franchi pour la première fois le seuil des 40 000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi 20 août 2026 par le département du Trésor américain. Après une nouvelle émission de bons mardi, l’encours atteint précisément 40 047 milliards de dollars. Ce niveau dépasse les prévisions du Congressional Budget Office, qui tablait jusqu’ici sur une dette d’environ 39 400 milliards de dollars à la fin de l’année. Cette progression s’explique notamment par l’augmentation des dépenses liées à la santé, à la Sécurité sociale et au paiement des intérêts.
Le franchissement de ce seuil intervient dans un contexte de hausse des coûts d’emprunt aux États-Unis. Les tensions inflationnistes, auxquelles s’ajoutent les incertitudes liées aux conflits au Moyen-Orient et aux prix de l’énergie, pèsent sur les marchés obligataires. Mardi, le rendement des obligations américaines à 30 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 2007. Une bien mauvaise nouvelle. En effet, plus le taux est élevé, plus les intérêts le seront également.
Les marchés moyennement rassurés
Face à la panique des marchés et à l’incertitude que cette nouvelle représente, le Trésor américain a annoncé mercredi vouloir augmenter ses rachats d’obligations à long terme à partir de septembre. Une décision qui a contribué à détendre les taux et à rassurer les investisseurs même si, depuis, le SP500 ne fait que chuter, avec une performance à -1,60 % sur la semaine.
L’endettement fédéral américain a plus que doublé depuis la crise financière de 2008. Il représente désormais près de 125% du produit intérieur brut du pays. À l’année, les USA s’endettent même plus que ce qu’ils ne devraient. En effet, un déficit compris entre 3 et 4 % du PIB a toujours été perçu comme normal. Aujourd’hui, ce taux oscille plutôt entre les 6 et 7 %.
Donald Trump, sous le feu des critiques
Donald Trump avait promis de réduire les dépenses publiques et le déficit fédéral. Son administration visait un déficit ramené à 3% du PIB. Mais plusieurs mesures ont contribué à creuser les comptes ces derniers mois. Les remboursements de droits de douane aux entreprises, après leur annulation par la Cour suprême en février, ont notamment pesé sur les finances publiques. Les baisses d’impôts et l’augmentation des dépenses militaires représentent également des charges importantes pour le budget fédéral.



