Après la frappe américaine sur Larak, l'Iran vise deux bases américaines en Jordanie

Huit missiles balistiques ont été interceptés dans l’espace aérien jordanien dans la nuit du 30 au 31 août 2026. L’armée de la Jordanie a confirmé cette interception à l’aube, quelques heures après une revendication du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) visant les bases de King Hussein et d’Al Azraq.

Une frappe américaine sur Larak à l’origine de l’escalade

L’épisode trouve son origine dans une opération américaine menée dimanche sur l’île iranienne de Larak, au large du détroit d’Ormuz. Des forces américaines y ont détruit deux lance-roquettes du CGRI, selon un responsable cité par plusieurs médias américains. Ces lanceurs auraient été repérés alors qu’ils s’apprêtaient à tirer des roquettes chargées de mines vers le détroit.

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Il s’agit de la première frappe américaine confirmée contre des cibles iraniennes depuis fin juillet. L’agence iranienne semi-officielle Fars a rapporté qu’une explosion avait été entendue près de l’île, tandis que l’agence Tasnim a évoqué une frappe de drone. Le CGRI a de son côté dénoncé une action de l’ennemi américano-sioniste, affirmant qu’elle avait causé des morts et des blessés parmi ses combattants et des civils. Un porte-parole a qualifié l’opération d’erreur stratégique et mortelle de l’administration Trump, promettant une réponse.

Cette frappe intervenait quelques jours après l’annonce, par le Commandement central américain, de l’achèvement du déminage des routes de navigation internationales du détroit d’Ormuz. Le président Donald Trump avait averti que tout nouveau mouillage de mines s’exposerait à une riposte immédiate.

La Jordanie visée en représailles

Dans la nuit suivante, le CGRI a revendiqué le tir de missiles balistiques contre les bases de King Hussein et d’Al Azraq, présentées comme abritant des forces américaines sur le sol jordanien. Des vidéos diffusées en ligne montrent des batteries Patriot en action au-dessus de la base de Muwaffaq Salti, avec des tirs supplémentaires provenant, selon certaines sources, de la région de Zanjan dans le nord-ouest de l’Iran.

Aucun bilan de victimes n’avait été communiqué au moment de la publication. L’armée jordanienne a fait état de huit missiles interceptés ayant pénétré son espace aérien, sans détailler le nombre total de projectiles tirés par Téhéran.

Un conflit entré dans son septième mois

Cette séquence s’ajoute à une série d’échanges qui opposent l’Iran et les forces américaines et israéliennes depuis le 28 février 2026, date des premières frappes conjointes israélo-américaines contre des cibles iraniennes. Le conflit dure désormais depuis sept mois, marqué par des attaques répétées contre les bases américaines présentes dans plusieurs pays du Golfe.

La Jordanie avait déjà été frappée à plusieurs reprises depuis le début de l’année, notamment le 17 juillet, lorsqu’une frappe iranienne sur Muwaffaq Salti avait tué deux militaires américains selon le Commandement central. Le pays occupe une position délicate dans ce conflit : lié par un traité de défense aux États-Unis, frontalier d’Israël, et régulièrement traversé par des projectiles iraniens visant des cibles tierces.

Les stocks américains d’intercepteurs Patriot font l’objet d’une attention croissante des analystes militaires, certaines estimations évoquant une consommation proche de 65 % des réserves disponibles depuis février, un chiffre que le Pentagone conteste officiellement.

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