Après la visite de Poutine aux Kouriles, les États-Unis prennent parti pour le Japon face à la Russie

Le drapeau américain s’est rangé du côté de Tokyo dans le contentieux territorial le plus ancien d’Asie du Nord-Est. Vendredi, l’ambassadeur des États-Unis au Japon, George Glass, a annoncé sur X que Washington reconnaissait la souveraineté japonaise sur les îles Kouriles, au lendemain d’une visite du président russe Vladimir Poutine sur l’archipel disputé.

Une visite inédite qui rebat les cartes

Jeudi, Poutine s’est rendu sur l’île d’Iturup, l’une des quatre îles Kouriles revendiquées par Tokyo sous le nom de « Territoires du Nord ». Il s’agissait d’un déplacement présidentiel russe sans précédent sur cet archipel, occupé par l’armée soviétique dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Cette visite a immédiatement suscité une riposte diplomatique : le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a convoqué l’ambassadeur russe à Tokyo, Nikolaï Nozdrev, pour lui exprimer, selon ses propres termes, de vives protestations.

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Washington affiche son soutien à Tokyo

Dans son message publié sur X, l’ambassadeur Glass a affirmé que les États-Unis maintiennent leur soutien indéfectible au Japon, qualifié de plus important allié américain dans la région. Le diplomate a précisé que Washington s’opposait fermement à toute action susceptible de compromettre la paix dans l’espace indo-pacifique, sans viser nommément la Russie dans cette dernière formule. Cette prise de position intervient alors que les deux capitales coopèrent étroitement sur les questions de sécurité régionale face à la présence chinoise croissante dans le Pacifique.

Moscou dénonce des « revendications absurdes »

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a rejeté ces critiques dans un communiqué. Elle a affirmé que la souveraineté et la juridiction de la Russie sur les îles ne faisaient aucun doute, accusant Tokyo de sombrer dans des discours révisionnistes. Le différend territorial repose sur deux lectures historiques opposées : le Japon s’appuie sur le traité de 1855, qui avait fixé la frontière russo-japonaise au-delà des quatre îles contestées, tandis que la Russie invoque les accords de la conférence de Yalta de février 1945, par lesquels les Alliés avaient prévu la cession des Kouriles à l’URSS en échange de son entrée en guerre contre le Japon.

Ce contentieux, vieux de plus de huit décennies, empêche toujours Moscou et Tokyo de signer un traité de paix officiel clôturant la Seconde Guerre mondiale entre les deux pays. Environ 20 000 citoyens russes résident aujourd’hui sur cet archipel au climat rude, mais riche en gisements d’or et d’argent ainsi qu’en zones de pêche. Pendant la guerre froide, l’Union soviétique y avait installé des bases aériennes et navales tournées vers le Japon et les États-Unis, une fonction stratégique que l’archipel conserve encore largement dans la région Pacifique.

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