Arabie saoudite : incendie à la raffinerie Aramco de Jizan après une attaque de drone houthie

Un incendie s’est déclaré dimanche à l’aube dans une installation de la raffinerie Aramco de Jizan, dans le sud-ouest de l’Arabie saoudite. Les équipes de sécurité industrielle du groupe pétrolier ont maîtrisé le feu sans faire de victimes, selon un communiqué du ministère saoudien de l’Énergie.

La revendication houthie

Quelques heures après l’annonce saoudienne, le porte-parole militaire des Houthis, le général Yahya Saree, a revendiqué l’origine de l’incendie sur Telegram. Il affirme que les forces armées yéménites « ont réussi à toucher la raffinerie avec un drone » et que « la frappe a été précise ». Selon ses déclarations, cette action serait intervenue en représailles à des incursions de drones saoudiens au-dessus des provinces yéménites de Saada et Hajjah.

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Le ministère de l’Énergie n’a pas confirmé que la cause du sinistre serait liée à cette attaque revendiquée. Les autorités saoudiennes ont indiqué que les services compétents poursuivaient les procédures habituelles pour traiter l’incident.

Une infrastructure déjà visée en juillet

La raffinerie de Jizan traite environ 400 000 barils de brut par jour. Elle avait déjà été la cible d’une frappe houthie fin juillet. Missiles balistiques et drones avaient alors été employés conjointement contre les sites de Jizan et de Yanbu. L’installation, mise à l’arrêt pendant plusieurs semaines, n’avait plus subi une attaque aussi frontale sur son outil énergétique depuis quatre ans.

L’épisode de dimanche survient deux jours après la signature d’un pacte de défense entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Il coïnciderait avec une frappe signalée sur une usine de traitement de gaz à Al-Jubail, sur la côte est du royaume, elle aussi attribuée aux Houthis par des médias.

Une trêve fragilisée depuis un mois

Les tensions entre les deux camps se sont nettement intensifiées depuis l’effondrement, le mois dernier, de la trêve conclue en 2022 dans le cadre du conflit yéménite. Les Houthis ont depuis annoncé un blocus maritime visant l’Arabie saoudite et revendiqué plusieurs frappes contre des pétroliers en mer Rouge.

Cette escalade maritime se double d’une autre crise régionale : le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, allié des Houthis, reste le principal point de friction entre Téhéran et Washington dans le cadre des tentatives de résolution du conflit au Moyen-Orient. Le détroit de Bab al-Mandeb, déclaré zone de blocus par les Houthis le 20 juillet, constitue un verrou stratégique supplémentaire pour les exportations pétrolières saoudiennes, redirigées vers Yanbu ces derniers mois pour contourner les risques liés à Ormuz.

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