Pratt & Whitney a décroché un marché pouvant atteindre 470 millions de dollars auprès du Pentagone, avec le Maroc parmi les bénéficiaires visés. Ce document, signé le 17 mars 2026, porte sur la remise à neuf des modules de moteurs F100 qui propulsent les F-16 de plusieurs armées étrangères.
Un calendrier de travaux étalé jusqu’en 2029
Une première phase de trois ans doit débuter avant deux options successives, l’une de trois ans, l’autre de quatre ans, portant l’échéance finale au 16 mars 2029. Ces opérations de maintenance seront menées en Géorgie, aux États-Unis, dans le cadre du dispositif des ventes militaires à l’étranger connu sous le nom de Foreign Military Sales. Outre le Maroc, ce programme profite à l’Égypte, la Grèce, l’Indonésie, le Chili, l’Irak, le Pakistan, la Roumanie, la Pologne, l’Arabie saoudite, la Thaïlande, Taïwan et la Jordanie.
Les F-16 marocains embarquent des moteurs de la famille F100 fabriqués par Pratt & Whitney. Le modèle F100-PW-229 avait été choisi en 2010 par les Forces royales air pour équiper la première flotte livrée au royaume, un contrat remporté face au F110-GE-129 de General Electric. En 2021, Raytheon avait déjà obtenu 212 millions de dollars pour produire de nouveaux exemplaires de ce moteur destinés aux appareils marocains, une commande dont la livraison s’est achevée en 2025.
Un lien établi avec le dossier des chars Abrams
Ce marché survient quelques jours après la publication d’un rapport du Government Accountability Office, daté du 10 août 2026, consacré aux capacités américaines de maintenance des chars Abrams. Ce document indique que le dépôt militaire d’Anniston, situé en Alabama, a effectué entre 2021 et 2025 des interventions sur des blindés Abrams appartenant à plusieurs pays clients, dont le Maroc, sans préciser la date exacte de cette prise en charge.
Les deux contrats — celui des moteurs F-16 et celui des travaux sur les Abrams — ne relèvent pas de la même opération et n’ont aucun lien contractuel entre eux. Ils mettent toutefois en évidence une même réalité industrielle : une partie de l’entretien de l’arsenal marocain dépend d’ateliers situés sur le territoire américain.
Une dépendance construite depuis plusieurs années
Cette situation prolonge une série d’acquisitions engagées par Rabat auprès de Washington. En 2019, le Maroc avait obtenu l’autorisation d’acheter 25 F-16C/D Block 72 pour 3,8 milliards de dollars, ainsi que des mises à niveau de sa flotte existante estimées à 985,2 millions de dollars, soit la dépense militaire la plus élevée du royaume pour l’année budgétaire américaine 2019. Les ventes d’armements américains au Maroc ont doublé en un an pour atteindre un total cumulé de 8,5 milliards de dollars, un montant incluant également des hélicoptères Apache et des avions de reconnaissance G550.
Le moteur F100, entré en service en 1974, équipe aujourd’hui vingt-deux forces aériennes à travers le monde. L’armée de l’air américaine prévoit de conserver des centaines de F-16 propulsés par ce moteur au-delà de 2030, même si ses nouveaux appareils privilégient désormais le F110 de General Electric.



