Aucune ogive nucléaire américaine ne sera stationnée en Pologne, a confirmé jeudi 27 août le gouvernement polonais depuis le siège de l’Otan à Bruxelles. « La Pologne ne souhaite pas avoir d’ogives nucléaires sur son territoire », a déclaré le vice-ministre polonais de la Défense, Pawel Zalewski, devant la presse.
Cette prise de position tranche avec les intentions affichées ces dernières années par certains responsables polonais, à un moment où les incursions attribuées à la Russie sur l’espace aérien de pays membres de l’Alliance atlantique alimentent les inquiétudes du flanc oriental.
Un projet de dépôt de B-61 abandonné
Sous la présidence d’Andrzej Duda, Varsovie avait plaidé pour l’installation d’un dépôt de bombes tactiques B-61 sur le territoire polonais, dans le cadre du dispositif de partage nucléaire de l’Alliance. L’idée visait à renforcer la dissuasion face à Moscou en intégrant la Pologne au cercle restreint des pays hébergeant des armes nucléaires américaines — jusqu’ici limité à l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie, où une centaine de B-61 seraient entreposées selon les estimations d’experts.
Washington avait par la suite étudié une extension de ce dispositif vers la Pologne et les pays baltes, selon des révélations de presse publiées début juin. Ces discussions, menées en interne à l’Otan, portaient sur le déploiement d’avions à double capacité, aptes à emporter un armement conventionnel ou nucléaire, plutôt que sur un stockage direct de bombes.
Le partage nucléaire de l’Otan repose sur un mécanisme lancé en 1957 en pleine Guerre froide : les pays hôtes fournissent les appareils et les pilotes, tandis que le contrôle des codes d’armement demeure exclusivement entre les mains américaines, selon le principe dit de la « double clé ».
Une menace russe jugée croissante
La sortie de Pawel Zalewski intervient alors que plusieurs incidents récents ont ravivé les tensions entre l’Otan et Moscou sur le flanc oriental de l’Alliance. Des violations présumées de l’espace aérien polonais et balte par des drones ou appareils russes ont été signalées ces derniers jours, renforçant le sentiment d’urgence sécuritaire dans la région.
Malgré ce climat, le vice-ministre polonais a justifié le refus de Varsovie par une distinction entre participation à la dissuasion collective et présence physique d’armes sur le sol national. « Nous voulons participer à la dissuasion nucléaire de l’Otan, ce qui ne signifie pas avoir une ogive nucléaire sur notre territoire », a-t-il précisé.
Vers un rôle conventionnel renforcé
Le vice-ministre polonais a rattaché sa position au concept « Otan 3.0 », évoqué par le Pentagone à la suite d’une décision du président américain Donald Trump. « Nous considérons la décision du président Trump comme un outil pour améliorer la sécurité européenne, conformément au concept Otan 3.0 du Pentagone », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que « cela signifie qu’il incombe aux Européens de se défendre de manière conventionnelle, mais que les États-Unis conservent un rôle extrêmement important pour soutenir les forces armées européennes ».
Reste à savoir si cette clarification polonaise mettra un terme définitif aux discussions engagées à Washington sur une extension du dispositif nucléaire vers l’Europe de l’Est, ou si la pression sécuritaire liée aux agissements russes pourrait, dans les mois à venir, rouvrir le débat au sein de l’Alliance.




Pourquoi mettre en une le visage du président polonais du parti de droite, alors que la décision de traitre de ne pas stationner des armes nucléaires a été prises par le gouvernement Tusk, qui est du parti opposé ?