Les BRICS renoncent pour l’instant à avancer vers une monnaie commune et privilégient les règlements en devises nationales. Réunis à New Delhi les 12 et 13 septembre 2026, leurs membres ont confirmé une approche fondée sur les paiements transfrontaliers et la connexion de leurs systèmes financiers.
Ce choix intervient alors que le groupe dispose d’atouts économiques très différents : la Chine apporte sa puissance industrielle, l’Inde ses services numériques et son vaste marché, la Russie et les pays du Golfe leurs ressources énergétiques, le Brésil et l’Indonésie leurs productions agricoles et minières, tandis que l’Égypte contrôle une route commerciale majeure avec le canal de Suez. L’Afrique du Sud et l’Iran disposent aussi d’importantes ressources minières et énergétiques. Les onze membres représentent ensemble 49,5 % de la population mondiale, 40 % du PIB mondial et 26 % du commerce international, selon les données publiées par les autorités indiennes.
Une monnaie commune absente de la déclaration
La déclaration adoptée à New Delhi ne prévoit pas la création d’une monnaie unique pour les BRICS. L’Inde a aussi indiqué qu’il n’existait actuellement aucune proposition officielle allant dans ce sens. Selon le secrétaire indien aux Relations économiques, cité par le Times of India, les discussions portent plutôt sur la possibilité de régler davantage les échanges bilatéraux avec les monnaies des pays concernés. Cette orientation écarte donc, à ce stade, l’idée d’une devise destinée à remplacer le dollar dans les échanges du bloc. Elle tient aussi compte de la diversité des économies membres et de leurs priorités monétaires.
Les paiements locaux prennent le relais
Le projet privilégié consiste à faciliter les transactions entre les banques et les systèmes de paiement des différents pays. Les BRICS poursuivent leurs travaux sur l’interopérabilité de leurs infrastructures financières et sur l’utilisation des monnaies locales pour le commerce et les investissements.
Reuters rapporte que le sommet a aussi abordé l’interconnexion des monnaies numériques émises par les banques centrales. Des divergences subsistent toutefois sur l’architecture technique à retenir. L’Inde s’est montrée réticente à l’égard de certaines solutions impliquant une infrastructure développée sous l’impulsion de la Chine.
Un poids économique qui dépasse la question monétaire
Le changement de cap intervient alors que les échanges entre membres progressent fortement. Selon la CNUCED, le commerce de marchandises à l’intérieur des BRICS a été multiplié par plus de 13 depuis 2003, pour atteindre 1170 milliards de dollars en 2024. La Chine demeure le principal acteur de ces échanges, devant plusieurs autres grandes économies du groupe.
Les ressources naturelles constituent un autre atout collectif. Les données du BRICS indiquent que le groupe concentre environ 43,6 % de la production mondiale de pétrole, 36 % de celle de gaz naturel et près de 72 % des réserves mondiales de terres rares. La stratégie actuelle consiste donc moins à créer une nouvelle devise qu’à exploiter ces complémentarités économiques pour développer les échanges directs entre les membres. Le dollar reste utilisé, mais les BRICS cherchent à réduire la nécessité de l’employer dans une partie de leurs transactions internationales.



