La Russie disposerait d’un stock de 6 200 drones Geran destinés à des frappes massives contre l’Ukraine, selon la direction du renseignement militaire ukrainien (GUR). Une seule vague d’attaque pourrait mobiliser entre 600 et 1 000 appareils simultanément, d’après cette même source.
Une production concentrée sur les modèles récents
La fabrication des Geran-4 et Geran-5, les versions les plus récentes de cette famille de drones, atteindrait à elle seule environ 3 000 unités par mois. L’ensemble de la gamme — plusieurs générations de Geran ainsi que les modèles Garpiya et Gerbera — totaliserait jusqu’à 11 000 exemplaires produits sur le seul mois d’août, selon des estimations du renseignement ukrainien citées par l‘Institute for the Study of War. Un ralentissement temporaire aurait affecté les chaînes de production en juillet, le temps de basculer vers les nouvelles variantes à propulsion par réacteur.
Ces modèles récents, plus rapides que les versions à moteur à hélice utilisées depuis le début du conflit, viseraient à contourner les défenses antiaériennes ukrainiennes, devenues plus efficaces contre les premières générations de Shahed russes. Le Geran-4 peut atteindre des vitesses proches de 500 km/h, une performance qui complique le travail des drones intercepteurs ukrainiens, généralement conçus pour neutraliser des cibles plus lentes.
Kiev muscle sa défense antiaérienne
Face à cette montée en puissance annoncée, l’Ukraine chercherait à accélérer le déploiement de ses propres intercepteurs. Le vice-Premier ministre ukrainien chargé de l’innovation, Mykhaïlo Fedorov, se serait engagé publiquement à renforcer ce stock avant l’automne.
Les ports de la mer Noire figureraient parmi les cibles privilégiées de cette nouvelle génération de drones. Équipés de systèmes de guidage optique capables de suivre des cibles mobiles, les Geran-4 auraient frappé à plusieurs reprises des navires marchands à Odessa depuis le début de l’été, perturbant les exportations maritimes ukrainiennes.
Une dépendance persistante aux composants étrangers
Les analyses techniques menées par les services ukrainiens sur des drones récupérés révéleraient la présence de composants électroniques importés malgré les sanctions occidentales. Des pièces originaires de Chine, du Japon, d’Allemagne, de Suisse, du Royaume-Uni, de Taïwan et des États-Unis auraient été identifiées, transitant vraisemblablement par des intermédiaires et des circuits de réexportation.
Le programme Geran trouve son origine dans un accord conclu entre Moscou et Téhéran en 2022, portant sur la production en Russie de drones basés sur la conception iranienne du Shahed-136. Depuis, la cadence de fabrication n’aurait cessé de s’accélérer, passant de quelques dizaines d’unités mensuelles au lancement du programme à plusieurs milliers aujourd’hui.



