Base américaine au Qatar : l'Iran révèle comment ses pilotes ont échappé aux radars

Des pilotes iraniens ont mené une frappe contre la base américaine d’Al-Udeid, au Qatar, sans utiliser ni GPS ni système de navigation inertielle. Le général de brigade Masoud Jafari, coordinateur adjoint des forces aériennes de l’armée iranienne, a détaillé cette opération lors d’une prière du vendredi à Chiraz, deux jours après le rapatriement de la dépouille d’un des pilotes ayant participé à la mission.

Une navigation à l’ancienne pour rester indétectable

Selon Jafari, les équipages ont été formés à guider leurs chasseurs « en utilisant uniquement des cartes et des systèmes rudimentaires« , sans dépendre du GPS ni de l’INS. Cette méthode aurait permis d’éviter les systèmes de détection électronique déployés autour de la base qatarie, l’une des plus importantes implantations militaires américaines dans le Golfe.

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Le responsable a également évoqué l’absence totale d’émission depuis les appareils engagés. « Il n’y avait aucun signal sortant, pas même un signal radio », aurait-il déclaré, ajoutant que l’armée américaine n’aurait pas anticipé, dès le premier jour, qu’une telle mission puisse être tentée.

D’après des informations relayées par la chaîne qatarie The Cradle, l’opération viserait à répondre aux bombardements américains ayant visé des installations nucléaires iraniennes fin juin. Le Corps des gardiens de la révolution islamique avait alors annoncé le lancement d’une opération baptisée « Glad Tidings of Victory » contre Al-Udeid, revendiquant l’usage d’au moins trois missiles balistiques ayant directement touché la base.

Une frappe encore contestée sur son déroulement exact

Les détails donnés par Jafari concernent des chasseurs-bombardiers Su-24, appareils vieillissants de conception soviétique toujours en service dans l’aviation iranienne. Des analystes de défense occidentaux ont émis des réserves sur certains aspects du récit iranien, sans écarter la possibilité d’une tentative réelle de pénétration : des plongeurs qataris auraient retrouvé l’épave d’un appareil Su-24 en mer, ce qui suggérerait qu’au moins un avion n’aurait pas terminé sa mission. CENTCOM, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, n’a pas confirmé publiquement ces éléments et refuse habituellement de commenter les évaluations de dégâts liées aux frappes iraniennes.

Une guerre ouverte dans le Golfe depuis février

Cette opération contre Al-Udeid s’ajoute à une série de frappes iraniennes revendiquées contre des installations américaines au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie et à Erbil, en Irak, depuis le déclenchement du conflit entre les États-Unis et l’Iran fin février. Téhéran affirme avoir tiré entre 8 000 et 9 000 drones et missiles contre des cibles régionales depuis le début des hostilités, un volume ayant mis à rude épreuve les stocks de missiles intercepteurs américains déployés dans la région.

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