Le gouvernement du Bénin est appelé à engager la procédure de signature puis de ratification de la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles. Cette demande a été formulée mardi 4 août 2026 à Comè, lors d’une conférence de presse organisée par l’Association des Personnes Rénovatrice des Technologies Traditionnelles (APRETECTRA) et plusieurs organisations de la société civile.
Les initiateurs estiment que ce traité continental permettrait de renforcer les mécanismes déjà en place dans le pays. Selon eux, il offrirait des outils supplémentaires pour mieux prévenir les violences, protéger les victimes et améliorer leur prise en charge.
Un appel à compléter le cadre juridique
Les responsables de la coalition rappellent que le Bénin dispose déjà de plusieurs textes destinés à lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Ils reconnaissent les avancées réalisées ces dernières années, mais considèrent que certaines lacunes persistent dans l’application des dispositifs existants.
D’après les informations présentées par la coalition, les observations recueillies dans les cliniques juridiques déployées dans le département du Mono font apparaître plusieurs difficultés. Les organisations évoquent l’absence d’une qualification spécifique du féminicide dans le droit béninois, des obstacles rencontrés par certaines victimes pour accéder à la justice, ainsi qu’une coordination encore insuffisante entre les secteurs de la santé, de la justice, de la sécurité et de la protection sociale.
Pour Samuel Zinsou, conseiller juridique de la coalition, la convention africaine ne remplacerait pas les lois nationales. Elle viendrait les compléter. Il a expliqué que le texte « reconnaît explicitement le féminicide » et prévoit une coopération renforcée entre les différentes administrations appelées à accompagner les victimes.
Une convention adoptée en 2025
Prenant la parole au nom des organisations engagées dans ce plaidoyer, Afiavi Bénédicte Reine Bossa, directrice exécutive de l’APRETECTRA, a estimé que la ratification permettrait d’aligner davantage la législation béninoise sur les standards adoptés par les États africains en matière de protection des droits des femmes. Selon elle, cette évolution contribuerait aussi à moderniser les mécanismes nationaux d’assistance.
Adoptée par l’Union africaine en février 2025, la convention ne pourra entrer en vigueur qu’après sa ratification par au moins quinze États membres. Les organisations présentes à Comè souhaitent que le Bénin figure parmi les premiers pays à franchir cette étape.
Des recommandations adressées aux autorités
À l’issue de la rencontre, la coalition a demandé aux autorités béninoises d’inscrire rapidement le dossier à l’ordre du jour du comité interministériel chargé des conventions internationales. L’objectif est de permettre son examen par le Conseil des ministres, avant une transmission à l’Assemblée nationale.
Selon les données de l’Union africaine, les violences faites aux femmes demeurent un défi majeur sur le continent. Des études de l’organisation estiment qu’environ une femme sur trois en Afrique a subi, au cours de sa vie, des violences physiques ou sexuelles. Les promoteurs de la convention considèrent que ce nouvel instrument juridique doit favoriser une réponse plus harmonisée des États face à ce phénomène.



