Le président Romuald Wadagni a adressé, dimanche 23 août sur Facebook, ses condoléances « au nom du peuple béninois et en son nom propre » à la famille et aux proches de Séfou Fagbohoun, décédé la veille à 80 ans, ainsi qu’aux populations d’Adja-Ouèrè et de l’ensemble du département du Plateau.
Un message centré sur la longévité et l’action publique
Dans son texte, le chef de l’État dit avoir appris la nouvelle avec une profonde tristesse, décrivant le défunt comme une grande figure de la vie politique, économique et sociale du pays, dont le parcours « aura traversé plusieurs décennies de l’histoire du Bénin contemporain ». Il revient sur le 80ᵉ anniversaire de Séfou Fagbohoun, célébré en janvier, qui avait donné au Bénin l’occasion de saluer la longévité de cet homme ayant consacré une grande partie de son existence à l’action publique et au service de sa communauté. Quelques mois plus tard seulement, note-t-il, c’est le deuil qui réunit le pays. Le président présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble des populations d’Adja-Ouèrè et du Plateau, avant de conclure par une formule adressée directement à celui qu’il appelle le « Patriarche » : que la terre de ses ancêtres lui soit légère.
Trois décennies à la tête du MADEP
Trois fois député, au titre des première, cinquième et sixième législatures, Séfou Fagbohoun s’était lancé en politique en créant, en 1997, le Mouvement africain pour le développement et le progrès (MADEP), parti qu’il a dirigé pendant de longues années. Ce mouvement a par la suite intégré l’Union fait la Nation, avant que son fondateur ne bascule, dans le courant des années 2020, vers le Bloc Républicain. Sa famille reste présente sur la scène politique locale : son épouse, Albertine Assikidana, occupe un siège de députée depuis la dixième législature, tandis que sa fille, Karamatou Fagbohoun, a été à la tête de la mairie d’Adja-Ouèrè avant de se retirer du Bloc Républicain en 2022, en critiquant son organisation interne.
Plusieurs dossiers judiciaires ont également marqué la trajectoire de Séfou Fagbohoun. En 2006, une affaire de mauvaise gestion à la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers avait débouché sur son interpellation, le 4 juin, par la Brigade économique et financière ; il n’a recouvré la liberté qu’en 2008, au terme de deux années de détention. Un litige foncier portant sur la localité de Gbahouété, qu’il n’avait jamais reconnu, aurait par la suite entraîné, en 2017, l’émission d’un avis de recherche par le tribunal de première instance de Pobè.
Des hommages déjà rendus par d’autres personnalités
Avant le message présidentiel, le vice-président du Sénat, Louis Vlavonou, avait publié un hommage sur sa page Facebook, rappelant une visite rendue à Séfou Fagbohoun à son domicile en décembre 2025. Le député Moukaram Koussonda, lors des célébrations d’anniversaire en janvier, avait pour sa part salué son rôle d’initiateur en politique pour plusieurs générations d’acteurs du Plateau.
Fagbohoun avait aussi présidé le club de football des Dragons de l’Ouémé, l’une des formations les plus titrées du pays, et fait construire à son initiative une mosquée et une église sur une même enceinte à Adja-Ouèrè. La date et les circonstances précises de son décès n’ont pas été communiquées officiellement.


