Bœuf : les éleveurs américains accusent Trump d'avoir sacrifié leurs intérêts

Une exemption tarifaire de 90 jours sur 300 000 tonnes de bœuf haché importé aux États-Unis provoque la colère des éleveurs américains. Donald Trump a annoncé cette mesure vendredi sur Truth Social, promettant un prix de vente inférieur de 25% au marché actuel, sans indiquer d’où viendrait cette viande.

Une mesure pour freiner la hausse des prix

La viande bovine s’est envolée aux États-Unis depuis la pandémie de Covid-19, avec une hausse de 10% sur les douze derniers mois liée à la sécheresse dans les zones d’élevage, à la baisse du cheptel et à l’augmentation des coûts de production. À moins de trois mois des élections de mi-mandat de novembre, le pouvoir d’achat figure parmi les premières préoccupations des électeurs américains, et l’opposition démocrate impute à la politique tarifaire du président la responsabilité de cette inflation.

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Devant la presse, le président américain a justifié sa décision en expliquant vouloir répondre à la demande des électeurs de faire baisser les prix, ajoutant apprécier particulièrement les éleveurs. Cette suspension des taxes sur le bœuf haché s’ajoute à une série de mesures similaires prises ces derniers mois : exemption fin juillet du bœuf brésilien d’une surtaxe de 25%, reprise programmée des importations de bétail mexicain suspendues depuis plus d’un an, et décret facilitant en début d’année l’entrée de bœuf argentin sur le marché américain.

La colère du secteur de l’élevage

Le patron de l’association nationale des éleveurs de bœuf, Colin Woodall, a dénoncé une décision « qui sacrifie une stabilité de long terme pour de la communication de court terme », la qualifiant de coup dur pour l’objectif de reconstitution du cheptel national.

La sénatrice républicaine du Nebraska, Deb Fischer, a également critiqué le choix de la Maison-Blanche, se disant très déçue et estimant qu’inonder le marché de bœuf étranger nuirait aux élevages américains sans résoudre durablement le déséquilibre entre l’offre et la demande. Cette rupture entre l’administration et une partie de la base électorale rurale du président n’est pas nouvelle : en octobre dernier déjà, l’annonce d’un projet d’achat de bœuf argentin avait suscité une vague de protestations chez les éleveurs, certains parlant alors de trahison envers les producteurs américains.

La pression maintenue sur les géants du secteur

Le gouvernement américain a par ailleurs intensifié ses attaques contre les grandes entreprises de transformation de viande, accusées de pratiques anticoncurrentielles pénalisant à la fois éleveurs et consommateurs. Le département de la Justice a ouvert fin 2025 une enquête visant quatre groupes qui contrôlent à eux seuls 85% du marché américain : JBS, Cargill, Tyson Foods et National Beef.

La secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, a rappelé que ces entreprises étaient soit détenues par des intérêts étrangers — des investisseurs brésiliens dans le cas de JBS et National Beef —, soit soumises à un contrôle étranger significatif. Le gouvernement américain n’a pour l’instant précisé ni les pays fournisseurs concernés par la nouvelle mesure, ni les modalités de contrôle de son application durant les 90 jours annoncés.

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