Boycott du Mondial : l'UEFA rejette les excuses d'Infantino et maintient la pression sur la FIFA

Les conditions posées par l’UEFA pour lever son boycott des compétitions de la FIFA ne sont toujours pas remplies. L’instance européenne l’a fait savoir ce jeudi à Sky News, malgré les excuses formulées la veille par le président de la FIFA, Gianni Infantino.

Un revirement jugé insuffisant

Infantino avait adressé une lettre aux fédérations membres de la FIFA, reconnaissant que « des erreurs ont été commises » dans la conduite de son projet de vente de droits commerciaux liés à la Coupe du monde. Il s’était engagé à ce que ces erreurs ne se reproduisent pas et avait annoncé le retrait du dispositif contesté, la FIFA Forward Enterprise, censée ouvrir la gestion des grandes compétitions à des investisseurs privés.

Pour l’UEFA, ce geste ne suffit pas. L’organisation basée à Nyon avait posé deux conditions précises pour renoncer au boycott : le retrait pur et simple du projet, déjà acté, et des garanties formelles qu’aucune tentative similaire ne serait relancée à l’avenir. Selon l’UEFA, cette seconde exigence reste sans réponse. L’instance a également rappelé qu’elle avait perdu confiance dans la présidence d’Infantino et que cette position n’avait pas changé.

La FIFA resserre les rangs autour d’Infantino

Le désaveu de l’UEFA intervient au lendemain d’une réunion à Rabat, où plusieurs membres du comité directeur de la FIFA ont publiquement réaffirmé leur soutien à Infantino. L’UEFA a estimé que le ralliement de collaborateurs dont la carrière dépend de la faveur du président « ne change rien » à la situation.

La crise trouve son origine fin juillet, lorsque les 55 fédérations membres de l’UEFA avaient voté à l’unanimité en faveur d’un boycott total des compétitions organisées par la FIFA, Coupe du monde comprise, si le projet de cession de parts n’était pas abandonné. Le plan prévoyait de lever jusqu’à 20 milliards de dollars auprès d’investisseurs privés, en échange d’une influence sur la diffusion et les contrats commerciaux des futurs tournois. D’autres confédérations, dont la Concacaf et la Confédération asiatique de football, avaient également rejeté le projet.

Un premier tournoi test dès septembre

Sans accord entre les deux instances, le bras de fer pourrait connaître son premier test concret à l’occasion de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans, prévue en Pologne à partir du 5 septembre. Ce tournoi serait alors le premier directement concerné par le boycott décrété par les fédérations européennes.

Réélu à la tête de la FIFA en 2016, Infantino brigue actuellement un quatrième mandat, qui prolongerait sa présidence jusqu’en 2031. Il bénéficierait du soutien d’une majorité des 211 fédérations nationales membres de l’organisation, largement acquises à sa politique de redistribution des fonds FIFA Forward. L’UEFA, de son côté, mise sur les divisions internes à la direction de la FIFA pour faire évoluer la position de son président.

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