Capacités militaires : le dollar pourrait ne plus être la monnaie de réserve si les USA reculent

Jamie Dimon estime que le dollar pourrait perdre son statut de monnaie de réserve mondiale si les États-Unis ne conservent pas leur avance militaire et économique dans les 25 prochaines années. Le patron de JPMorgan Chase a livré cette analyse lors d’un entretien diffusé le 8 août 2026 sur l’émission Firing Line with Margaret Hoover de PBS.

« Si nous ne sommes pas la première puissance militaire dans 25 ans et la première économie, nous ne serons plus non plus la monnaie de réserve », a déclaré Dimon. Il associe ainsi directement la place internationale du dollar à la capacité des États-Unis à maintenir leur puissance économique, industrielle et militaire.

Dimon relie puissance américaine et statut du dollar

L’analyse du dirigeant intervient dans un débat plus large sur la dédollarisation. Dimon a également insisté sur les vulnérabilités industrielles américaines, citant la dépendance à l’égard de puissances étrangères pour certains matériaux et composants stratégiques, dont les terres rares, certaines pièces de missiles et des principes actifs pharmaceutiques.

Selon lui, une perte d’avance américaine pourrait favoriser un système international davantage fragmenté. Cette perspective reste une appréciation personnelle du dirigeant de JPMorgan et ne constitue pas une prévision officielle sur l’évolution future du dollar.

La question de la dédollarisation est toutefois déjà documentée par les données internationales. La Réserve fédérale américaine indique que la part du dollar dans les réserves de change mondiales est passée d’environ 71 % en 2000 à 57,8 % en 2024. Malgré cette baisse, la banque centrale américaine considère toujours le billet vert comme la principale monnaie de réserve mondiale.

Le dollar reste dominant malgré la diversification

Les dernières données du Fonds monétaire international (FMI) montrent que le recul n’est pas linéaire. Au premier trimestre 2026, le dollar représentait 57,13 % des réserves de change officielles mondiales, contre 56,42 % au trimestre précédent. Le total des réserves de change s’établissait alors à 13 100 milliards de dollars.

Le renminbi chinois ne représente, lui, que 1,99 % des réserves au premier trimestre 2026, tandis que l’euro atteint 20,03 %. Aucun concurrent ne s’approche donc actuellement du poids du dollar dans les réserves officielles.

La baisse de la part du dollar depuis le début des années 2000 ne signifie donc pas, à elle seule, qu’une monnaie est sur le point de lui succéder. Les données de la Réserve fédérale montrent plutôt une diversification progressive vers plusieurs devises.

Pour Dimon, la question se jouerait ainsi sur le long terme : si les États-Unis perdaient leur avantage économique et militaire, la confiance internationale qui soutient le rôle du dollar pourrait également être fragilisée.

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