Sommet Russie-Afrique : Lavrov accuse Macron de vouloir freiner la participation des dirigeants africains

Sergueï Lavrov accuse Emmanuel Macron de chercher à convaincre des dirigeants africains de ne pas participer au prochain sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre 2026. Le ministre russe des Affaires étrangères affirme disposer d’éléments laissant penser que le président français agirait en ce sens lors de ses contacts avec des responsables du continent.

« Nous soupçonnons, sur la base de certains faits, qu’il dissuadera nos amis africains de haut niveau d’assister au sommet Russie-Afrique », a déclaré Lavrov, selon des propos rapportés par RIA Novosti. L’accusation russe n’a pas été étayée publiquement par des éléments permettant, à ce stade, de confirmer une telle démarche de la part de Paris.

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Moscou multiplie les invitations africaines

La déclaration de Lavrov intervient alors que la Russie poursuit ses démarches auprès des responsables africains en vue du rendez-vous de Moscou. Le 11 septembre, le représentant diplomatique russe au Nigeria a remis à Biram Diop, président de la Commission de la CEDEAO, une invitation officielle de Vladimir Poutine à participer au sommet. La CEDEAO a rendu cette information publique le 14 septembre.

Cette invitation s’ajoute à celle adressée au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au début du mois de septembre. Poutine avait alors rappelé le rôle joué par le dirigeant égyptien dans la création du format Russie-Afrique lors du premier sommet organisé à Sotchi.

La séquence diplomatique intervient aussi après plusieurs rencontres récentes entre Macron et des dirigeants africains. Le président français a reçu le 9 septembre à l’Élysée son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso, tandis qu’il avait accueilli quelques jours auparavant plusieurs responsables africains à Paris à l’occasion du premier sommet international consacré à l’espace.

Lavrov défend la liberté de choix des partenaires africains

Le chef de la diplomatie russe affirme que Moscou n’emploie pas de méthode comparable pour obtenir la présence de ses partenaires au sommet. Selon lui, la Russie considère les pays africains comme des États indépendants capables de déterminer eux-mêmes leur politique extérieure.

Cette position intervient dans un contexte de concurrence diplomatique accrue autour du continent africain. La France avait organisé en mai le sommet Africa Forward à Nairobi, au Kenya, avec la participation de plusieurs dirigeants africains. L’Élysée présentait cette rencontre comme une nouvelle étape du partenariat entre la France et les pays africains.

Des canaux de dialogue toujours ouverts avec l’Europe

Lavrov a aussi évoqué les relations entre Moscou et plusieurs capitales européennes. Il affirme que certains pays du continent proposent régulièrement à la Russie d’utiliser des canaux de communication confidentiels. Selon lui, Moscou n’a pas refusé ces contacts, mais ces échanges n’auraient pas apporté d’éléments nouveaux par rapport aux positions européennes exprimées publiquement.

L’accusation visant Macron intervient donc à quelques semaines du sommet de Moscou, alors que la Russie cherche à assurer une forte participation africaine à cette troisième rencontre au niveau des chefs d’État. La CEDEAO fait partie des organisations régionales dont la présence est désormais directement sollicitée par le Kremlin.

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