Le lancement de l’ECO et l’opérationnalisation de la force antiterroriste figurent parmi les priorités fixées par Dakar à la tête de la Commission de la CEDEAO. Ces dossiers ont été évoqués jeudi 27 août au Palais de la République, lors d’un entretien entre le président Bassirou Diomaye Faye et le général Birame Diop, appelé à diriger l’organe exécutif régional à partir du 1er septembre.
Le Sénégal exerce depuis juillet la présidence de la Commission, l’administration permanente de la CEDEAO, pour un mandat de quatre ans courant jusqu’en 2030. Cette double responsabilité, confiée au pays lors du sommet d’Abuja en décembre 2025 puis confirmée le 19 juillet 2026 à Freetown, s’accompagne d’un agenda chargé sur les plans monétaire, sécuritaire et institutionnel.
Un général à la tête de la diplomatie communautaire
Âgé de 65 ans, le général Birame Diop a occupé les fonctions de ministre des Forces armées du Sénégal avant de devenir conseiller militaire auprès du Secrétaire général des Nations unies. Il était l’unique candidat en lice lors de sa désignation à Freetown. Sa nomination intervient dans un cadre où le président Faye assure lui-même la présidence tournante de la Conférence des chefs d’État, offrant à Dakar le contrôle simultané des deux instances dirigeantes de l’organisation.
Lors de leur entretien, les deux hommes ont passé en revue le dossier de l’ECO, dont le lancement a été fixé à 2027 lors du sommet de Freetown, selon une mise en œuvre progressive réservée aux pays remplissant les critères de convergence. Le pilotage de ce chantier a été confié au président ivoirien Alassane Ouattara. Les échanges ont également porté sur l’amélioration du recouvrement des prélèvements communautaires et la fluidification de la circulation des personnes et des biens entre États membres.
La force antiterroriste, dossier prioritaire
L’opérationnalisation de la brigade de lutte contre le terrorisme a occupé une place centrale dans les échanges. Ce chantier concerne la MICAO, la force régionale de la CEDEAO, qui peine depuis plusieurs années à remplir ses objectifs faute de moyens et de coordination entre États membres, dans un Sahel toujours marqué par la progression des groupes djihadistes.
Dakar, facilitateur en Guinée-Bissau
La crise politique en Guinée-Bissau a également figuré à l’ordre du jour. Le Sénégal y a été désigné facilitateur par la CEDEAO. Le général Diop a indiqué que les échanges avec le chef de l’État permettront à la Commission d’« anticiper » et d’accompagner « de manière pragmatique et efficace » Dakar dans cette mission.
L’organisation compte désormais douze États membres depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel. Le prochain sommet des chefs d’État de la CEDEAO est prévu en décembre 2026, une échéance à laquelle le général Birame Diop devra présenter les premiers résultats de son équipe installée au siège d’Abuja.



