Le Maroc pourrait faire face à une riposte espagnole beaucoup plus large que la seule défense de Ceuta si une attaque militaire contre la ville autonome déclenchait une guerre, selon Francisco José Gan Pampols, ancien directeur du Centre de renseignement des forces armées espagnoles (CIFAS). Ses déclarations ont été publiées ce 31 août 2026 par El Español, qui a interrogé plusieurs responsables militaires espagnols sur ce scénario.
Une riposte qui dépasserait Ceuta
Pour Gan Pampols, une offensive militaire contre Ceuta constituerait une rupture majeure. Il estime que l’Espagne ne chercherait pas seulement à repousser les forces engagées autour de la ville. Les moyens disponibles pourraient être utilisés contre des capacités militaires et logistiques marocaines.
« Une invasion en force est une déclaration de guerre », affirme l’ancien lieutenant général, cité par El Español. Il évoque aussi l’emploi combiné de l’aviation, de la marine, de l’artillerie et des missiles de croisière Taurus dans une éventuelle confrontation.
Les objectifs envisagés pourraient comprendre des ports, des bases navales et des aérodromes. Gan Pampols cite également les communications, certaines infrastructures énergétiques et les réseaux reliant les deux pays. Il résume sa vision de la capacité espagnole par une formule particulièrement forte : « Nous sommes capables de neutraliser le Maroc en 24 heures . »
Ces déclarations ne constituent toutefois pas une annonce du gouvernement espagnol. Les plans opérationnels évoqués par les sources militaires consultées par El Español seraient réservés. La décision d’engager la force appartiendrait au président du gouvernement espagnol, tandis que l’organisation militaire d’une éventuelle opération relèverait de la chaîne de commandement des forces armées.
Près de 3 000 militaires espagnols à Ceuta
Dans le scénario étudié, les quelque 3 000 militaires espagnols présents à Ceuta constitueraient la première capacité de réaction. Des renforts pourraient ensuite être acheminés depuis la péninsule, avec une mobilisation coordonnée de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air et de l’espace, des forces spéciales et, potentiellement, des capacités dans le cyberespace.
Les bases de Rota et de Morón, ainsi que le détroit de Gibraltar, joueraient un rôle logistique important pour acheminer hommes, carburant, munitions et équipements vers la zone du détroit. La protection des infrastructures essentielles de Ceuta ferait également partie des priorités initiales.
Une hypothèse jugée très improbable
L’hypothèse d’une attaque militaire marocaine contre Ceuta reste présentée comme extrêmement improbable par les experts militaires interrogés par El Español. Le contexte militaire a toutefois évolué ces dernières années avec le renforcement des capacités marocaines.
La question de Ceuta possède aussi une dimension historique et juridique particulière. Depuis 1995, la ville dispose d’un statut d’autonomie et constitue, selon son statut officiel, une partie intégrante de la nation espagnole.
Les tensions entre les deux pays ont déjà connu des épisodes militaires, dont la crise de l’îlot de Perejil en 2002. Pour autant, le scénario évoqué aujourd’hui reste hypothétique : il s’agit de l’analyse d’anciens responsables militaires espagnols, et non de l’annonce d’une opération contre le Maroc.



