Des sanctions ciblées se préparent contre les responsables de la colonisation en Cisjordanie occupée. Le gouvernement britannique l’a annoncé le 19 août 2026, en réaction à l’ouverture d’un appel d’offres israélien portant sur plus de 1 200 logements dans la zone E1.
Un appel d’offres publié en pleine période électorale
Le ministère israélien du Logement a lancé cet appel d’offres le 18 août pour la construction de 1 234 unités résidentielles, selon l’ONG israélienne Peace Now. Les candidatures doivent être déposées avant le 19 octobre, soit une semaine avant les élections législatives prévues le 27 octobre en Israël. Ce calendrier serré alimente les soupçons d’une accélération volontaire des travaux avant le scrutin.
La zone concernée s’étend sur environ 12 kilomètres carrés entre Jérusalem et la colonie de Ma’ale Adumim. Le projet global, approuvé en août 2025, prévoit à terme la construction de près de 3 400 logements. Le lot mis aux enchères représente un tiers du programme total. Gelé pendant plus d’une décennie sous la pression de Washington, ce dossier est considéré depuis les années 1990 comme l’un des plus sensibles du conflit israélo-palestinien, car il séparerait la Cisjordanie en deux zones distinctes.
Miliband exige un retrait immédiat
Le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband a qualifié la publication de l’appel d’offres d’*acte inacceptable et destructeur dans un communiqué officiel. Il a affirmé avoir personnellement transmis ce message à son homologue israélien Gideon Sa’ar, réclamant l’arrêt immédiat des plans E1, le retrait de l’appel d’offres et la fin de toute expansion des colonies.
Le Foreign Office a également convoqué la chargée d’affaires israélienne à Londres pour lui signifier son opposition. Selon le communiqué gouvernemental, le Royaume-Uni avait déjà exprimé publiquement et en privé son refus du projet E1, jugé contraire au droit international.
Des mesures économiques annoncées pour les prochaines semaines
Le gouvernement britannique a précisé qu’un dispositif de sanctions viserait spécifiquement les personnes impliquées dans l’expansion des colonies jugées illégales, en Cisjordanie comme à Gaza. Ces mesures s’ajouteraient à un ensemble plus large de réponses destinées à préserver la viabilité d’un futur État palestinien, sans qu’aucun calendrier précis n’ait été communiqué à ce stade.
Cette annonce prolonge une coordination internationale déjà engagée en juin 2025, lorsque le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Norvège et la Nouvelle-Zélande avaient conjointement sanctionné les ministres israéliens Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir pour incitation à la violence contre les Palestiniens. En 2025, 21 pays, dont la France, avaient également condamné collectivement l’approbation initiale du projet E1.
Du côté israélien, le maire de Ma’ale Adumim, Guy Yifrach, a défendu la poursuite du chantier, évoquant treize années de gel de la construction qu’il attribue à la pression de dirigeants européens. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich a assuré que le projet n’entraverait pas la liberté de circulation des Palestiniens, promettant des investissements routiers destinés à faciliter leurs déplacements.



