Un commentaire officiel publié mercredi par l’agence KCNA ne mentionne à aucun moment la décision américaine de réduire les exercices militaires en cours dans la péninsule coréenne. La Corée du Nord y qualifie plutôt les manœuvres américano-sud-coréennes de « menace la plus immédiate » pesant sur sa sécurité.
Un texte qui passe sous silence le geste de Washington
Le communiqué de l’agence de presse officielle nord-coréenne intervient alors que Donald Trump avait ordonné, trois jours plus tôt, une réduction substantielle de la participation américaine à l’exercice « Ulchi Freedom Shield« . Le président américain avait justifié ce choix par sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, tout en critiquant le coût de ces manœuvres, qu’il juge porteuses d’un signal « totalement inapproprié et hostile » envers Pyongyang. Selon KCNA, la Corée du Nord affirme au contraire que les exercices en cours sont « extrêmement dangereux » et « très différents » des éditions précédentes. Le texte accuse également les deux pays de transformer le territoire sud-coréen en zone d’entraînement pour des forces jugées hostiles.
Lancé lundi, l’exercice devait initialement durer onze jours, jusqu’au 27 août. Un responsable du Pentagone a confirmé que les manœuvres s’achèveraient finalement le 21 août, certains volets d’entraînement en conditions réelles ayant été annulés ou remplacés par des simulations. Les médias sud-coréens évoquent une réduction d’environ moitié du dispositif prévu.
Séoul assure de la nature défensive des exercices
Le président sud-coréen Lee Jae Myung avait affirmé mardi que ces exercices demeuraient « défensifs » et ne visaient pas à préparer une attaque contre le Nord. Cette position n’a pas empêché Pyongyang de maintenir sa ligne critique habituelle, sans toutefois détailler les mesures concrètes qu’elle envisagerait en réponse.
Trump a par ailleurs déclaré lundi que Kim Jong Un avait répondu à ses tentatives de rapprochement, sans préciser la nature de cet échange. Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, le président américain pousserait ses collaborateurs à organiser une rencontre en personne avec le dirigeant nord-coréen dès l’automne, éventuellement en marge du sommet de l’APEC prévu à Shenzhen en novembre.
Un dialogue interrompu depuis 2019
Les deux dirigeants s’étaient rencontrés à trois reprises lors du premier mandat de Trump, notamment lors des sommets de Singapour en 2018 et de Hanoï en 2019. Ces négociations, centrées sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, s’étaient soldées par un échec, Pyongyang refusant depuis tout retour à la table des discussions sans concessions préalables de Washington.
Depuis cet échec, la Corée du Nord a considérablement renforcé son arsenal nucléaire et balistique, tout en développant sa coopération militaire avec la Russie, notamment via l’envoi de troupes dans le cadre du conflit en Ukraine. Selon des experts cités par plusieurs médias américains, Kim Jong Un chercherait désormais à négocier depuis une position de force renforcée, dans l’espoir d’obtenir des concessions plus importantes qu’en 2019, notamment un allègement des sanctions internationales.
En Corée du Sud, la décision américaine de réduire unilatéralement les exercices a suscité des critiques de l’opposition conservatrice, qui reproche au gouvernement Lee de privilégier la reprise du dialogue entre Washington et Pyongyang au détriment des impératifs de sécurité nationale.



